Le salmétérol utilisé contre l'asthme ne serait pas toujours efficace

Selon des médecins britanniques, le salmétérol, un traitement de fond utilisé contre l'asthme ne serait pas efficace chez un enfant sur sept et pourrait même aggraver les symptômes.

L'asthme est une maladie respiratoire qui peut s'avérer très handicapante, en particulier chez les personnes souffrant d'une forme chronique. Pour réduire l'intensité et la fréquence des crises, des traitements de fond peuvent ainsi être administrés. Mais certains ne seraient pas efficaces chez tout le monde, et notamment chez les enfants. C'est ce que révèlent des chercheurs britanniques dans la revue Clinical Science, évoquant le cas du salmétérol.

Utilisée dans plusieurs traitements contre l'asthme, cette molécule est un bronchodilatateur qui lutte contre la contraction anormale des muscles de la paroi des bronches. Toutefois, celle-ci ne serait pas efficace chez un enfant sur sept, d'après le professeur Somnath Mukhopadhyay de la Brighton and Sussex Medical School et ses collègues de la Dundee University. Ce "traitement commun ne fonctionne pas dans une proportion significative de la population", a expliqué le scientifique, soulignant que ceci est bien trop souvent nié par les médecins.

Or, lorsque les symptômes ne s'améliorent pas, ces derniers ont tendance à blâmer la mère de l'enfant l'accusant de ne pas donner la salmétérol correctement à leur enfant, plutôt que de conclure que le traitement ne fonctionne pas. Et pourtant, ce n'est pas la première fois que l'inefficacité potentielle de la molécule est évoquée : une précédente étude a suggéré qu'un gène particulier serait capable de bloquer l'action de certains traitements chez les enfants possédant la version concernée.

Un traitement inefficace voire aggravant les symptômes

Pour savoir ce qu'il en était, le Pr Mukhopadhyay et ses collègues ont décidé de comparer le salmétérol à une autre molécule, le montélukast, également utilisée pour traiter l'asthme. Ils ont pour cela recruter des enfants asthmatiques dont 62 présentaient le gène en question et leur ont administré pendant un an soit le salmétérol, soit le montélukast. Pendant cette même période, ils ont attentivement surveillé leur santé et leur qualité de vie. A l'issue de l'étude, ils ont constaté qu'à une échelle globale, le salmétérol état plus efficace que le montélukast. En revanche, si l'on considérait seuls les enfants porteurs du gène, le constat était l'inverse. 

Traités au montélukast, les sujets ont montré moins de dépendance au médicament, une meilleure qualité de vie, une respiration moins difficile, moins de toux et ont manqué moins souvent l'école. Au contraire, ceux traités au salmétérol n'ont montré aucune amélioration voire une aggravation de certains symptômes, d'après les médecins. Si le salmétérol reste efficace chez la plupart des enfants, le Pr Mukhopadhyay et ses collègues ont donc tout de même appelé le Department of Health à donner de nouveaux conseils. 

Outre l'utilisation d'un autre traitement comme le montélukast, ils ont suggéré qu'il serait possible de soumettre les jeunes asthmatiques à un test génétique afin de déterminer s'ils sont ou non porteurs de la version du gène mise en cause. Ceci permettrait alors de choisir un traitement plus adapté. "Je pense que le temps est venu d'aller de l'avant et d'être capable de fournir quelques conseils cliniques aux parents", a précisé le principal auteur de l'étude. 

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