Un jeune motoneigiste perd la vie à Portneuf

QUÉBEC - À deux jours de Noël, les parents et amis d’Olivier Renaud, 23 ans, pleurent la mort du jeune homme décédé tôt, dimanche matin, à Saint-Léonard-de-Portneuf, dans un accident de motoneige.

Le tragique évènement — deuxième du genre dans la région de Québec depuis le début de l’hiver — est survenu vers 1 h 30 dans un sentier de motoneige, tout près du rang Saint-Antoine. Olivier Renaud a heurté une branche, avant de terminer sa course contre un arbre, dans un fossé. Il était seul sur son engin, mais accompagnait un groupe d’amis vers le chalet de l’un d’eux.

Jean-Philippe Alain était tout juste derrière le motoneigiste au moment de l’accident.

«Il roulait pas mal plus vite que moi, j’ai ralenti un peu, a raconté le jeune homme. J’ai vu la motoneige à gauche du sentier dans les arbres, je cherchais [Olivier], je ne le trouvais pas, je cherchais des traces où il pouvait être.»

Après avoir localisé son ami, M. Alain, qui a une formation de pompier, lui a administré les premiers soins pendant une vingtaine de minutes avant l’arrivée des ambulanciers.

«C’est difficile, à matin. C’était ‘’rough’’, je revoyais mon chum, c’est juste ces images-là que j’ai. Lui, inconscient par terre, qui ne me répond pas. »

Alcool et vitesse en cause?

La Sûreté du Québec enquête présentement sur l’accident. Selon l’organisation policière, l’alcool et la vitesse pourraient être en cause dans cette affaire.

La majorité des motoneigistes interrogés à cet endroit ont confirmé qu’en général, les gens roulaient vite dans ce secteur.

«Le soir, ça roule vite pas à peu près. Moi, après une heure, deux heures de l’après-midi, je ne m’y aventure pas, parce que ça roule trop vite, les gens se fient aux lumières de Ski-Doo, ils ‘’clanchent’’», a souligné M. Dumas.

Selon une connaissance de la victime qui préfère ne pas s’identifier, Olivier Renaud et ses amis «l’ont échappé solide» le soir de l’accident. «On pouvait voir sur Facebook qu’ils buvaient en masse, c’est des gars qui font la fête, comme tout le monde dans le coin.»

Vibrant hommage

Une quinzaine d’amis ont rendu hommage à la victime sur les lieux de l’accident, dimanche après-midi.

«Olivier, c’était un grand vivant», a déclaré Vincent Morasse, visiblement ému par les évènements. «C’est une erreur de jugement, il roulait trop, il devait être fatigué un peu, les réflexes ne sont plus les mêmes», a remarqué Jean-Philippe Alain.

Prudence

L’Association des motoneigistes du Québec (AdmdQ) demande à la population de redoubler de vigilance en ce début de saison de motoneige.

«C’est le message qu’on lance à chaque début de saison, prudence, il ne faut pas être téméraire, se souvenir que c’est un début de saison. Les gens n’ont pas enfourché leur motoneige depuis un certain temps et les sentiers ouvrent», a lancé d’entrée de jeu le président de l’Association, Patrick Boucher.

Tristes rappels

À chaque année, des décès seront nécessaires pour rappeler aux motoneigistes que les dangers sont bien présents sur leur chemin.

«Les sentiers ouvrent, la machinerie est encore au travail à certains endroits, les fossés, les petits ponceaux parfois vont être moins chargés de neige que pendant une période plus optimale comme janvier et février», a laissé entendre M. Boucher.

Ce dernier souhaite rappeler aux motoneigistes que les mêmes règles s’appliquent sur un tel engin qu’au volant d’une automobile.

«Ça a beau être un engin de neige, ça reste qu’il faut retrouver ses habiletés. Il ne faut vraiment pas exagérer sur la vitesse et il y a des facteurs aggravants comme la conduite avec les facultés affaiblies.»

M. Boucher rappelle que les mêmes sanctions du Code de la route s’appliquent étant donné qu’il s’agit d’un véhicule à moteur.

Le président de l’association soutient, par contre, que le bilan des accidents mortels de motoneige diminue avec les années. En 1999, 41 décès ont été enregistrés contre 19 pour l’an dernier.

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