LNH - Canadien - Quel rôle pour Leblanc?

BROSSARD - Faire partie d'une équipe de la Ligue nationale est une chose. Obtenir du temps de jeu de qualité en est une autre. Louis Leblanc vit actuellement ce dur apprentissage.

Un texte de Guillaume Lefrançois

Après avoir joué en moyenne 11 minutes à ses 3 premiers matchs chez le Canadien, Leblanc a vu son utilisation péricliter depuis. Utilisé près de 12 minutes samedi, le premier choix du Tricolore en 2009 a été limité à 8 min 48 s mardi, et à seulement 4 min 21 s jeudi, face aux Flyers.

Et ce n'est pas parce qu'il a suscité la plus bruyante ovation de la saison au Centre Bell avec son premier but, jeudi, que Leblanc a convaincu son entraîneur qu'il a sa place avec les grands.

« Louis est un jeune qu'on aime bien, a assuré Jacques Martin, vendredi. En raison du nombre de blessés, on aime ce qu'il apporte, mais il apprend encore. Il n'y a aucun doute que si nous étions en santé, il gagnerait plus à avoir plus de temps de glace dans plein de situations. »

On comprend donc que Martin voit Leblanc poursuivre son apprentissage à Hamilton, là où il a compilé 10 points en 14 matchs avant son rappel, tout ça après avoir guéri d'une importante opération à une épaule le printemps dernier. D'autant plus que tant qu'il sera considéré comme un joueur de quatrième trio, il sera condamné à des miettes...

« C'est une situation où on a joué surtout à trois trios, a rappelé Martin, à propos de la faible utilisation du jeune homme de 20 ans jeudi. Quand on tire de l'arrière, on a tendance à faire ça. Les sept dernières parties ont été décidées par un but (NDLR : celle de mardi par deux buts, dont un filet désert), c'est le genre de hockey qu'on a dans la Ligue nationale. C'est parfois difficile d'utiliser tout notre banc. »

Les blessures à Travis Moen, Brian Gionta et Scott Gomez font également en sorte que Martin doit composer son quatrième trio avec les ingrédients dont il dispose, soit un défenseur converti (Yannick Weber) et des joueurs de la Ligue américaine comme Mike Blunden.

La bonne attitude

De son côté, Leblanc fait contre mauvaise fortune bon coeur. Il tente de tirer le maximum de son passage dans les grandes ligues.

« Je parlais à Josh Gorges, il me disait : tu apprends tellement sur le banc. Tu regardes les joueurs des autres équipes, les joueurs de ton équipe aussi. Des fois, tu n'as pas le temps de glace que tu veux. C'est la première fois de ma carrière que ça m'arrive. Ce n'est pas le fun, mais je suis content d'être ici, j'apprends tous les jours, c'est une expérience de vie. »

L'ancien de l'Université Harvard refuse toutefois de se prononcer sur l'éternelle question : apprend-il plus en jouant 20 minutes à Hamilton ou 4 minutes à Montréal?

« Ce sont deux rôles différents entre ici et Hamilton. Je parlais à Gorges, et lui aussi a commencé sur le banc. Oui, j'ai joué beaucoup à Hamilton. Ici, je joue moins, mais j'apprends tous les jours. »

Cole, le mentor

Gorges n'est pas le seul vétéran à s'occuper de Leblanc. Erik Cole semble avoir particulièrement à coeur le sort de la recrue.

« Louis est un bon jeune qui veut apprendre et il écoute, a décrit Cole. C'est facile de lui montrer des choses, de le corriger quand il fait des erreurs. C'est un plaisir de l'avoir parmi nous. C'est un plaisir de l'encourager et on est tous heureux pour lui d'avoir vécu ce qu'il a vécu hier (l'ovation). »

Questionné à savoir quel joueur a la plus grande influence sur lui, Leblanc n'hésite pas une seule seconde.

« Erik Cole. Tous les soirs, il se présente. Il a vécu beaucoup de choses dans sa carrière, il a eu une grosse blessure. Il se présente toujours, donne son 150%, c'est un leader qui ne parle pas beaucoup, mais sur la glace, il est toujours impliqué. »

L'admiration de Leblanc pour Cole va toutefois au-delà de la patinoire.

« Erik m'a offert de passer du temps chez lui, dans l'état de New York, cet été. Mais j'étais pris ici avec mon épaule. »

Il y a aussi eu cette fameuse histoire des billets d'avion, que Cole avait payés pour que les parents de Leblanc assistent au premier match de leur fils dans la LNH, à Anaheim. Mais Leblanc assure que ses compliments pour Cole n'ont rien à voir avec ce cadeau...

« Non non, pas du tout! Je le regarde jouer, c'est un excellent joueur! »

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