LNH - - Bettman a la tête dure

La mort par surdose du dur à cuire Derek Boogaard en mai a causé une véritable onde de choc dans la Ligue nationale de hockey.

L'examen de son cerveau, révélé par le New York Times, montre qu'il souffrait d'une maladie dégénérative liée aux coups répétés à la tête.

Un texte d'Antoine Deshaies

La nouvelle a de quoi inquiéter les amateurs de hockey. Gary Bettman, lui, demande de faire preuve de retenue et de ne pas sauter aux conclusions.

En marge de la réunion des gouverneurs de la ligue à Pebble Beach, en Californie, le commissaire a refusé de faire le lien entre les coups à la tête et la mort récente de trois bagarreurs.

« Peut-être que les bagarres sont dangereuses, peut-être pas. Comment pouvez-vous le savoir?, a répondu Bettman aux journalistes. Personne ne peut le prouver. L'échantillon de cerveaux n'est pas suffisant pour l'instant, disent nos spécialistes. »

Bettman a aussi soulevé l'hypothèse que les trois pugilistes décédés dans la dernière année partageaient peut-être d'autres dénominateurs communs que le fait de se battre à répétition.

« Savez-vous vraiment ce qui se passait dans leur vie? Ce qu'ils consommaient? Je ne sais pas, mais la maladie peut avoir été causée par bien d'autres facteurs que les bagarres. »

Le directeur général des Maple Leafs de Toronto, Brian Burke, n'avait pas lu le texte du New York Times et a commenté du bout des lèvres.

« Vous me parlez d'un joueur qui avait un sérieux problème de consommation d'alcool et de médicaments. Cela dit, devrions-nous nous inquiéter si des joueurs subissent des blessures à la tête? Bien sûr que oui. »

Pas à l'ordre du jour

L'abolition des bagarres n'était d'ailleurs pas à l'ordre du jour des gouverneurs.

Pour Kevin Lowe, président des opérations hockey des Oilers d'Edmonton, si elle est nécessaire, elle se fera d'elle-même.

« Je ne m'attends pas à des changements, mais si c'est le cas, ça viendra de l'Association des joueurs. Pour l'instant, plusieurs acteurs du milieu du hockey pensent qu'elles sont encore nécessaires. »

La ligue est pourtant en croisade contre les coups à la tête. Pourquoi tolérer des coups à la tête dans le cadre de combats? Simple, répond le commissaire, la notion de consentement change complètement la donne.

Sans quantifier le phénomène, Gary Bettman a rappelé que les commotions cérébrales liées aux bagarres n'avaient pas augmenté cette année.

« Cela dit, on surveille les bagarres de très près. Mais ce n'est pas un dossier aussi chaud que plusieurs le prétendent. »

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