Le top 10 de l'actualité de 2012

10e POSITION: BARACK OBAMA RÉ-ÉLU

Obama sur Twitter /DRObama 2.0, le rêve en moins

Le président sortant a facilement obtenu un second mandat, mais la ferveur populaire de sa première élection de 2008 appartient bien au passé.

Dommage pour les scénaristes, les romanciers et les historiens. Mais la réélection de Barack Obama a peu de chances de rester dans les annales politiques, tant le suspense de cette campagne pour la présidence des États-Unis aura été limité. Et encore, «suspense» est un bien grand mot.

À aucun moment Barack Obama n’a eu de raison vraiment sérieuse de se sentir menacé. D’abord parce le président sortant est presque automatiquement reporté au pouvoir dans la dynamique électorale américaine. Au sein même de leurs partis, les présidents qui briguent un second mandat ont toujours demandé et obtenu l'investiture. Et les primaires démocrates se sont d’autant plus déroulées sur du velours pour Barack Obama que sa seule adversaire potentielle crédible, Hillary Clinton, a d’emblée annoncé qu’elle ne participerait pas à la course.

Les choses n’ont par contre pas été aussi simples dans le camp républicain. Si Mitt Romney était le favori avant même le début des primaires, ce représentant de l’aristocratie économique et politique de la côte Est s'est retrouvé en porte-à-faux face à la base électorale républicaine, et aux candidats populistes du Tea party qui la représentaient. Newt Gingrinch le WASP, Rick Santorum l’ultracatholique et Ron Paul le libertarien n’ont finalement jeté l'éponge que par manque de soutien financier, pas parce que la fracture qu'ils représentaient au sein du Grand Old Party était véritablement résorbée.

EN PHOTOS | Obama, Romney et beaucoup de bébés!

Bien évidemment, toutes ces divisions dans le camp adverse ont aidé Barack Obama. En outre, il n’a eu que peu de difficultés à déjouer les stratégies de communication douteuses d’adversaires peu crédibles à force d’être fondamentalistes.

Résultat, le président sortant a dominé les sondages nationaux pendant toute la campagne, et n’est jamais descendu en dessous de 45% de soutien populaire. Il n’y a que dans la dernière ligne droite que Mitt Romney a refait une grande partie de son retard, après le premier débat télévisé entre les deux candidats auquel, de l'avis général, Barack Obama était mal préparé. Si à quelques jours de l'élection les sondages donnaient à Obama et Romney le même résultat national, ils n’ont jamais montré d'avantage au républicain en termes de Grands Électeurs.

Sans surprise, Barack Obama a largement remporté l'élection avec 332 des 538 Grands Électeurs en sa faveur, contre 206 pour Mitt Romney. Mais cette victoire a un goût plus amer si l’on y regarde de plus près.

Tout d’abord, le taux de participation aura été plus faible qu’en 2008, sanctionnant la fin de l’engouement que la candidature du premier président noir avait suscité il y a quatre ans. Mais surtout, Obama a perdu six millions d'électeurs tandis que Mitt Romney n’a obtenu qu’environ 300 000 voix de moins que John McCain. Le président sortant a également perdu deux États par rapport à 2008 (l’Indiana et la Caroline du Nord) et s'est imposé de justesse en Virginie, dans l'Ohio et en Floride où il avait triomphé au dernier scrutin. Il est en outre rare qu'un président remporte un deuxième mandat avec moins de voix que lors de sa première élection.

C’est aussi le ton de cette campagne — en passant, la plus chère de toute l’histoire avec environ 2,5 milliards de dollars US dépensés – qui aura été radicalement différent de celui de 2008. Exit les grands idéaux d’égalité sociale et de réconciliation planétaire, le débat aura été dominé par les difficultés économiques des États-Unis et leur dette faramineuse. Dans la gueule de bois que nos voisins du Sud tiennent encore de la crise financière, réélire Obama en 2012 aura pris l’allure d’un choix de raison plus que de passion.  

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