Daniel Breton démissionne de son poste de ministre de l'Environnement

La première ministre Pauline Marois dit avoir accepté la démission du ministre Daniel Breton, qui a dû quitter ses fonctions de ministre de l'Environnment en raison de révélations sur son passé.

M. Breton a présenté sa démission jeudi matin à la première ministre. Il a expliqué plus tard en point de presse avoir pris cette décision pour ne pas nuire au travail de Mme Marois et à celui de son gouvernement.

Daniel Breton demeure cependant député péquiste de la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques à l'Assemblée nationale.

Les responsabilités de ministre de l'Environnement seront assumées par Pauline Marois en attendant la nomination d'un nouveau ministre.

Cette démission est une victoire pour l'opposition qui réclamait sa tête depuis un moment déjà en réaction à des allégations d'ingérence au BAPE et le fait d'avoir été un mauvais payeur.


Une décision triste, mais judicieuse, selon Pauline Marois

Réagissant à la démission de son ministre de l'Environnement, la première ministre Pauline Marois a dit regretter le départ d'un homme très engagé et compétent.

« C'était la bonne décision à prendre », a-t-elle indiqué en conférence de presse, ajoutant toutefois que M. Breton possédait toutes les compétences pour exercer les fonctions de ministre de l'Environnement.

Questionnée par l'opposition et les journalistes sur ce qu'elle savait du passé de son ministre, Pauline Marois a expliqué que les enquêtes d'usage avaient été faites lors de l'accession de M. Breton au poste de ministre de l'Environnement et qu'elle était au courant des problèmes qu'il avait eus dans le passé, à l'exception des milliers de dollars de loyers impayés que M. Breton devait encore.


Déception et indignation chez les écologistes

La démission de Daniel Breton est particulièrement mal reçue dans les rangs des organismes environnementaux, dont est issu l'ex-ministre. Pour André Belisle, président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, il s'agit du « lynchage politique publique » d'un homme qui travaillait pour les intérêts supérieurs du Québec.

« Il a payé le prix pour son engagement en tant qu'écolo », a déclaré M. Bélisle sur les ondes de RDI en confirmant que M. Breton a longtemps vécu dans la pauvreté lorsqu'il militait pour la protection de l'environnement.

Le cabinet de Pauline Marois a dû se porter à la défense de son ministre mercredi, après que le réseau TVA et le quotidien La Presse eurent rapporté que celui-ci était un mauvais payeur et qu'il a commis plusieurs infractions depuis 25 ans.

Le ministre n'a en effet pas payé son loyer pendant 13 mois, de novembre 2008 à décembre 2009, pour une somme de près de 7000 $. À cette époque, il présidait le groupe Maître chez nous 21e siècle, spécialisé en énergie et en transport.

En 2007, il a dû payer une amende de 400 $ pour ne pas avoir envoyé sa déclaration de revenus à temps.

Daniel Breton a aussi reçu plusieurs contraventions, notamment pour excès de vitesse, et il a été condamné en 1997 pour « conduite alors que le permis est révoqué ».

M. Breton a également été condamné à 300 $ d'amendes pour des infractions à la loi sur l'assurance-chômage en 1988.

Le cabinet du ministre Breton a indiqué pour sa part qu'il rembourserait les sommes dues.

M. Breton était déjà sur la sellette à la suite d'allégations d'ingérence dans le fonctionnement du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Il devra comparaître à ce sujet en commission parlementaire.

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