Le coroner élargit l'enquête sur la mort d'Ashley Smith

L'enquête sur la mort de l'adolescente troublée Ashley Smith se penchera sur divers sujets, malgré des objections soulevées par plusieurs médecins l'ayant traitée, a tranché vendredi le coroner dirigeant la démarche.

Les trois médecins ontariens, appuyés par le gouvernement fédéral, avaient plutôt argué que l'enquête devrait seulement se pencher sur les derniers jours de la vie d'Ashley Smith à l'Institution Grand Valley, à Kitchener, en Ontario, il y a cinq ans.

Selon eux, l'autorité du coroner, le Dr John Carlisle, ne s'étend que jusqu'aux limites de l'Ontario, et qu'il n'avait pas la permission d'examiner la gestion des prisons fédérales.

La famille de Mme Smith, appuyée par d'autres parties, voulait plutôt que le Dr Carlisle augmente la portée de son enquête, y compris afin de déterminer de quelle façon la jeune femme avait été traitée dans les prisons d'autres provinces, longtemps avant sa mort.

Selon le Dr Carlisle, la remise en question de l'ampleur de l'enquête sur des bases constitutionnelles est anticipée et prématurée. Le coroner dit d'ailleurs connaître les limites imposées par les cas ayant fait jurisprudence, et avoir l'intention de les respecter.

Ashley Smith, originaire de Moncton, au Nouveau-Brunswick, s'est étouffée à mort en octobre 2007, à l'âge de 19 ans, alors que les gardiens ne sont pour ainsi dire pas intervenus. La jeune femme a passé la majeure partie de la dernière année de sa vie en isolement, démontrant des comportements la mettant elle-même en danger, et avait été transférée 17 fois entre neuf prisons de cinq provinces différentes.

Après la présentation d'une vidéo de surveillance de Mme Smith, les autorités correctionnelles ont retiré leurs objections, et quatre médecins originaires de l'extérieur de l'Ontario ont annoncé vouloir témoigner volontairement.

Le Dr Carlisle a toutefois dit vouloir rendre son jugement malgré tout.

Le coroner a toutefois effectué un changement mineur à l'ampleurproposée de l'enquête pour satisfaire aux objections soulevées.

Il a donc précisé qu'il ne permettrait pas un examen sans limites de Service correctionnel Canada.

L'enquête se penchera entre autres sur les « défis consistants à offrir des soins de santé mentale à Ashley Smith », plutôt qu'aux détenues en général, a décidé M. Carlisle.

Les auditions doivent débuter en janvier.


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