GRC: des agents ont agressé de jeunes femmes autochtones

Le premier ministre Stephen Harper demande à l'organisme Human Rights Watch de partager avec la police ses informations concernant les allégations de mauvais traitements infligés par des policiers de la GRC à des femmes et des filles autochtones dans le nord de la Colombie-Britannique.

Les allégations sont contenues dans un rapport de l'organisme de défense des droits de la personne, publié mercredi.

M. Harper a également annoncé mercredi que le gouvernement avait demandé à la Commission des plaintes du public contre la Gendarmerie royale du Canada de se pencher sur les allégations contenues dans un rapport publié mercredi par l'organisme de défense des droits de la personne, dont le siège se trouve à New York.

« Si Human Rights Watch, le Parti libéral ou quiconque est au courant d'allégations sérieuses impliquant des activités criminelles, ils devraient donner ces informations aux autorités pour qu'il y ait une enquête », a déclaré M. Harper à la Chambre des communes, en réponse à une question du chef libéral intérimaire, Bob Rae.

La GRC réagit aux allégations du rapport de Human Rights watch

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) affirme vouloir aller au fond de ces allégations d'agressions contre des femmes et des filles autochtones qui pèsent sur certains de ses agents en Colombie-Britannique. Toutefois, elle souligne que les plaignantes doivent se manifester afin de permettre à la police de mener une enquête appropriée.

Ces commentaires font suite à la publication, mercredi, d'un nouveau rapport de l'organisme Human Rights Watch. Ce rapport montre que des policiers de la GRC ont fait un usage excessif de la force et ont commis des agressions physiques et sexuelles sur des femmes et des filles autochtones dans le nord de la Colombie-Britannique.

Le rapport de 89 pages documente les défaillances persistantes de la police en matière de protection des femmes et des filles autochtones de cette région contre la violence, ainsi que le comportement violent de la part de certains policiers à leur endroit.

L'organisme estime que ces défaillances et mauvais traitements aggravent les tensions de longue date entre la GRC et les communautés autochtones le long de l'autoroute 16, qui a fini par être surnommée « l'autoroute des Larmes ».

Des allégations prises au sérieux

Les forces prennent les allégations mises au jour dans le rapport de Human Rights Watch très sérieusement, a affirmé mercredi la superintendante en chef, Janice Armstrong, dans un communiqué, précisant que la GRC avait besoin de plus d'aide pour mener une enquête plus poussée.

« La perte et la peine inimaginables ressenties par les familles et les proches des personnes disparues et assassinées sont aussi ressenties dans nos communautés », a-t-elle ajouté.

La surintendante en chef a encore souligné que la GRC s'engageait à collaborer avec ses partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux, de même qu'avec les communautés qu'elle dessert, et à offrir un service professionnel et justiciable.

Selon Human Rights Watch, le gouvernement canadien devrait mettre en place une commission nationale d'enquête sur les assassinats et disparitions de femmes et de filles autochtones, pour se pencher notamment sur les répercussions des mauvais traitements policiers.

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De l'avis de Meghan Rhoad, chercheuse pour la division des Droits des femmes à Human Rights Watch, la menace de la violence conjugale et aléatoire d'un côté, et les mauvais traitements de la part des agents de la GRC de l'autre laissent les femmes autochtones dans une insécurité constante.

L'été dernier, Human Rights Watch a interrogé 50 femmes et filles autochtones et mené 37 autres entretiens auprès de familles de femmes assassinées et disparues, et auprès de dirigeants autochtones, de prestataires de services à la communauté et d'autres personnes au sein de 10 communautés.

De nombreuses jeunes femmes ont déclaré à Human Rights Watch que la GRC avait omis de les protéger. Elles ont également décrit des cas de violence policière, notamment l'usage excessif de la force contre les filles, des fouilles corporelles à nu de femmes par des agents de sexe masculin, ainsi que des actes de violence physique et sexuelle.

Une femme a déclaré que quatre policiers l'avaient emmenée dans un endroit éloigné et violée en la menaçant de la tuer si elle en parlait à quiconque.

Certaines femmes qui ont appelé la police à l'aide se sont vues accusées d'avoir provoqué la violence, humiliées si elles avaient consommé de l'alcool ou des drogues; elles se sont retrouvées en danger d'arrestation pour des mesures prises en légitime défense.

Les libéraux demandent une enquête

Le chef intérimaire libéral, Bob Rae, a demandé mardi au premier ministre, Stephen Harper, d'instituer une commission royale ou une enquête parlementaire sur ces faits troublants.

M. Harper a répliqué que le gouvernement était fortement préoccupé par la violence envers les femmes et qu'il avait investi des ressources additionnelles dans le contrôle policier, les enquêtes et la prévention.

Il a déclaré que les assassinats et enlèvements de femmes dans ce pays étaient absolument inacceptables. Il a affirmé que le gouvernement continuerait d'aller de l'avant avec un programme de justice pénale énergique pour lutter contre ces problèmes.

Rapport de Human Rights Watch by

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