Centrafrique: le recrutement d'enfants soldats augmente

Un nombre croissant d'enfants sont recrutés par les rebelles et par les milices progouvernementales en République centrafricaine, selon l'UNICEF (Fonds des Nations unies pour l'enfance), qui réclame l'arrêt immédiat de cette pratique.

L'UNICEF estime que 2500 enfants étaient déjà enrôlés par les groupes armés avant le début du conflit, en décembre. Depuis, le recrutement a pris de l'ampleur, même si l'organisation ne parvient pas à chiffrer l'augmentation.

Le représentant de l'UNICEF dans le pays, Souleymane Diabate, rapporte que les enfants peuvent être obligés de combattre et de transporter des fournitures, et qu'ils sont parfois agressés sexuellement. Selon l'organisation, plus de 300 000 jeunes Centrafricains sont affectés par les violences liées à l'offensive rebelle du dernier mois, ce qui les rend plus vulnérables au recrutement.

Les rebelles centrafricains ont pris les armes au début de décembre en réclamant le respect de plusieurs accords de paix. Ils se sont rapidement emparés de plusieurs villes du nord et du centre du pays et exigent le départ du président, François Bozizé.

Négociations à Libreville?

Par ailleurs, une source de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC) a affirmé à l'AFP qu'une délégation de dix membres de la coalition rebelle Séléka était attendue dimanche à Libreville, au Gabon, en vue d'entreprendre des négociations pour chercher une solution à la crise. Le chef du mouvement, Michel Djotodia, et son porte-parole, Éric Massi, basé à Paris, devraient faire partie des représentants.

Éric Massi a cependant déclaré par la suite qu'il n'avait pas été contacté par le CEEAC et qu'il n'était absolument pas au courant d'un tel déplacement.

Un autre membre du mouvement, François Nelson Ndjadder, coordonnateur et délégué en Europe de la Convention patriotique pour le salut du kodro (CPSK), une des composantes du Séléka, et qui, selon la même source, devrait aussi être présent à Libreville, s'est dit très étonné de la nouvelle, même s'il a précisé être d'accord avec la tenue de ces négociations.

Le Séléka (« coalition » en langue sango) est une organisation hétéroclite qui regroupe quatre mouvements armés : la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) et la Convention patriotique du salut du kodro (CPSK).

Pour sa part, le président François Bozizé, qui se prépare à se rendre à Libreville la semaine prochaine, s'est déclaré disposé à un dialogue sans condition en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale. L'ambassadeur de France à l'ONU a soutenu qu'il y aura une rencontre à Libreville le 8 janvier sous l'égide du président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso. Paris estime également que la rencontre devrait réunir, en plus du gouvernement et des rebelles, des représentants de l'opposition.

Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait d'ailleurs adopter vendredi une déclaration, proposée par la France, pour soutenir les négociations.

Le 2 janvier, le Séléka a accepté, sous la pression internationale, de suspendre son offensive en direction de la capitale, Bangui. Le gros de ses troupes est positionné à Sibut, à 160 km de la capitale. Des centaines de soldats de la Force multinationale d'Afrique centrale sont arrivés à Damara, dernier rempart avant Bangui, avec la mission de stabiliser la situation en stoppant l'avancée des rebelles.

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