Brûlée à l'acide: Tanya St-Arnauld raconte son cauchemar

MONTRÉAL - Chaque fois que Tanya St-Arnauld ferme les yeux, elle revit la soirée où son ex-copain l’aurait aspergée d’acide pour une histoire de jalousie.

«Tous les détails, tous les bruits, même l’odeur produite par l’acide... C’est ça que je revis à tous les moments de la journée», soupire-t-elle.

La jeune femme de 29 ans s’est confiée à l’équipe de l’émission «J.E.» dans sa première entrevue de fond à la télévision.

Son ex-copain, Nikolas Stefanatos, l’aurait brûlée à l’acide en août, dans la cage d’escalier de l’immeuble où ils logeaient, à Longueuil. Elle s’est réfugiée chez des amis du même immeuble pour tenter de se rincer.

Malgré qu’elle se sente maintenant forte et sereine, elle dit ne pas avoir réussi à tourner la page. Brûlée au troisième degré sur presque tout son corps, d’autres opérations sont encore à venir.

Cette soirée-là, Tanya St-Arnauld était convaincue qu’elle allait mourir.

Des vies brisées

«C’est particulier d’avoir le temps de se voir partir, confie-t-elle. Je pensais aux petits détails, que je n’avais pas vu ma mère aujourd’hui, ce qu’on regrette, ce qu’on a manqué. Ce qu’on prend pour acquis, tu te dis que demain, tu as le temps, ça t’est enlevé en une fraction de seconde.»

La stupéfaction qui se lisait sur le visage des ambulanciers lorsqu’elle se rinçait frénétiquement a fini de la convaincre de sa mort.

Le drame n’aura pas eu que des répercussions sur la jeune femme. Les voisins chez qui elle s’est réfugiée ont déménagé un mois plus tard.

«J’ai détruit leur petite vie tranquille, se désole Mme St-Arnauld. La voisine a dit à ma mère qu’elle n’était plus capable de voir le bain, qu’elle ne voyait que moi dans la douche, qu’elle n’entendait que les cris.»

Chercher le positif

Le rideau de douche des voisins, leur peignoir, leur ventilateur, plusieurs objets portaient la marque de l’acide et leur rappelaient constamment le drame.

Elle raconte qu’encore aujourd’hui, sa mère pleure chaque fois qu’elle lui applique de la crème sur le corps.

Tanya St-Arnauld dit se sentir bien aujourd’hui. Même si seuls ses mollets ont été épargnés des brûlures et des greffes, elle hausse les épaules.

«C’est juste de l’esthétique», souligne-t-elle.

Elle compare ses émotions actuelles à des montagnes russes, avec ses hauts et ses bas.

«Chercher le positif, je suis capable, mais c’est un emploi à temps plein», souffle-t-elle.

Elle se sent redevable d’avoir survécu. Elle compte bien profiter au maximum de cette seconde chance.

L’émission «J.E». consacre toute sa première demi-heure à cette entrevue exclusive avec Tanya St-Arnauld, ce vendredi à 19 h, à TVA.

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