La chronique de Normand Lester

QS: le paradis sur terre d’abord. L’indépendance, on verra plus tard

Amir Khadir et François David, anciens co-porte-paroles de Québec solidaire. (Agence QMI)Énergie verte, transport collectif, création de 166 000 emplois en redistribuant la richesse, etc., etc. Tous les clichés pour appâter les songe-creux et les utopistes étaient au rendez-vous annuel de la gauche verbale et verbo-motrice au congrès de Québec Solidaire. L’UQÀM et le Plateau y étaient représentés en force.

Un grand rassemblement de ceux que Duplessis appelait les «pelleteux de nuages» et les «joueurs de piano.»  Ce Congrès a confirmé qu’ils ont une formation politique bien à eux. Elle n’a, heureusement, aucune chance de prendre le pouvoir dans les cent prochaines années. Au moins! Que l’extrême gauche et ses rêveurs de tout acabit soient représentés à l’Assemblée nationale, je n’ai rien contre. Ils disent parfois même des vérités embarrassantes que les autres partis évitent d’évoquer.

L’objectif de QS est d’éliminer la pauvreté de ce bas monde en commençant par le Québec. C’est ce que veulent faire les réformateurs sociaux depuis que la civilisation existe. Sans jamais y arriver. D’autres visionnaires ont été plus pratiques. Par exemple Jésus-Christ et les fondateurs d’autres grandes religions. Comprenant qu’il était impossible de l’éliminer sur terre, ils ont promis aux pauvres qu’ils seraient les premiers à entrer au paradis. Le monde vit d’espoir.

Québec solidaire ne veut pas décourager Hochelaga-Maisonneuve. Il promet aux naïfs et aux crédules de faire du Québec un petit paradis. Pourquoi s’arrêter à l’élimination de la pauvreté. Tant qu’à énumérer tout les clichés éculés de la gauche, pourquoi pas en prime la concorde, l’amour universel et l’amitié entre les peuples. À quand l’abolition de la gravité?

Ceux qui pensent, et il y en a malheureusement, surtout parmi les jeunes, qu’élire un gouvernement de gauche radicale améliorerait quoi que ce soit ou permettrait une «façon alternative de gouverner» devraient regarder ce qu’il se passe ailleurs. Les gouvernements socialistes ont été tout aussi, sinon plus corrompus que ceux de droite. Ils ont pratiqué des politiques démagogiques pour satisfaire des engagements électoraux financièrement ruineux. Résultats: des répercussions économiques désastreuses et des fuites de capitaux. Ils ont été incapables de réaliser les réformes promises et soustraire leur pays des lois implacables de la mondialisation. Les partis de gauche à cause de l’appui des fonctionnaires et des syndicats ne peuvent pas toucher aux lois du travail et aux structures bureaucratiques. Ils sont impuissants en ce qui concerne l’amélioration de la productivité et de la compétitivité de leurs économies nationales.

Regardez ce que fait le gouvernement socialiste de François Hollande actuellement en France et vous aurez une petite idée de ce qui arriverait si jamais QS exerçait le pouvoir à Québec.

L’ambitieux plan vert de QS connaitrait le sort de toutes les ambitieuses et démagogiques promesses électorales du PQ qui se dégonflent maintenant une à une. L’utopie comme démagogie électoraliste ne survit jamais à l’exercice du pouvoir.

Québec solidaire aime se pavaner dans son lourd accoutrement de stéréotypes idéologiques: gauchiste, écologiste, partisan de la démocratie participative, féministe, altermondialiste, pluraliste, «autochtonophile», pan/omni/multisexuel, et, enfin, du bout des lèvres, juste pour ne rien oublier et ne pas faire de peine à personne, souverainiste.

Mais en réalité Québec solidaire n’est pas un parti indépendantiste. Ses dirigeants se foutent de l’indépendance du Québec comme de l’an quarante. Khadir, aux dernières élections fédérales, a dénoncé le Bloc québécois et encouragé à voter comme lui, NPD.

Pas question de s’entendre avec le PQ. Imaginez, matante Françoise estime que le PQ «a adopté des politiques d’austérité néo-libérale.»  Intolérable qu’un parti social-démocrate tienne compte du réel pour gouverner.

En refusant toute alliance et même tout accord tacite avec les autres formations indépendantistes, QS va jouer un rôle déterminant pour empêcher un parti indépendantiste, le PQ en l’occurrence, de former un gouvernement majoritaire aux prochaines élections. Il va ainsi rendre à jamais impossible la création d’un Québec indépendant. Compte tenu du vieillissement de la population du Québec et du déclin démographique des francophones, ce sera sans doute la dernière chance pour les indépendantistes d’obtenir une majorité d’élus.

Par son refus, QS va favoriser le retour au pouvoir de la coalition mafia-libérale. Bravo! Philippe Couillard va être content. Au fait, comment va la santé de son bon ami le Docteur Porter? Toujours moribond?