La chronique de Normand Lester

Amir Khadir, le couple princier et autres nanocéphales, papous et aborigènes

Amir KhadirLe duc et la duchesse de Cambridge sont les porteurs d'un système « parasitaire » obsolète de plus en plus en marge du monde moderne. Cette affirmation du député de Mercier à l'Assemblée nationale a fait bondir la vice-première ministre et la ministre des Relations internationales. Les maitresses d'école Nathalie Normandeau  et Monique Gagnon-Tremblay exigent que le petit Amir, malpoli, s'excuse. De quoi? D'avoir dit la vérité!

Gérard Deltell fait chorus. Il crie au crime de lèse-majesté et cloue Khadir au pilori. Va-t-on l'emprisonner à la Tour de Londres ou le forcer de servir sur les galères de Sa Majesté?

Comment ne pas être d'accord avec l'affirmation selon laquelle la monarchie britannique est un système parasitaire? La Reine d'Angleterre était jusqu'à tout récemment la femme la plus riche du royaume. Elle a consacré sa vie à inaugurer des chrysanthèmes et à dorloter ses chevaux et ses petits chiens. Elle a finalement été devancée par une simple roturière, Joanne K. Rowling, l'auteure des Harry  Potter. Bon, que les Anglais, qui sont des gens de tradition, acceptent d'être parasités par une clique allemande, ça les regarde. Mais ici au Québec, on n'en a rien à cirer des Saxe-Cobourg-Gotha et des Battenberg, ou, sous leurs noms d'emprunt, des Windsor et des Mountbatten. Ces deux familles allemandes ont adopté des noms anglais lors de la Première Guerre mondiale parce qu'il était indécent qu'une dynastie germanique demande à de jeunes Anglais d'aller mourir pour en combattre une autre.

Le couple princierWilliam et Kate sont les nouveaux commis voyageurs de la firme Windsor inc. chargés de redorer l'image de marque quelque peu malmenée par deux générations de cette famille lubrique dysfonctionnelle qui espère que sa rente de situation perdure. Oui, je sais. Toutes les midinettes de la planète, y compris celles du Québec, ont suivi avec émois et serrements de cœur le mariage, un événement « Paris-Match » planétaire.

Les Royals ont compris qu'ils pouvaient exploiter à leur compte ce couple télégénique. Tout comme le gouvernement britannique qui va dorénavant les utiliser comme relationnistes. Qu'ils soient accueillis à Québec et à Montréal comme le serait un couple princier de Hollande, du Danemark ou de Norvège m'indiffère. Mais ce n'est pas le cas. La visite a des implications de politique intérieure. Les conservateurs harpériens veulent rappeler aux Canadiens et aux Québécois les liens coloniaux qui nous attachent toujours à la Grande-Bretagne. C'est dans ce contexte que la visite princière a été planifiée. Nos deux tourtereaux allaient promouvoir l'image de la Grande-Bretagne aux États-Unis, comment ne pas en profiter et leur demander de faire un petit détour au Canada, pour encourager le rapprochement de l'Anglosphère blanche (Grande-Bretagne, États-Unis, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande).

Le directeur de l'Office du tourisme de Québec estime que le Québec ne doit pas rater cette occasion de grande visibilité au niveau mondial. D'autres parlent aussi d'exploiter les deux vedettes internationales qui vont nécessairement être accompagnées par une nuée de paparazzis.

Ce n'est pas une raison de les accueillir avec une déférence obséquieuse comme s'ils étaient encore nos maîtres aristocratiques au sang bleu. Qu'on les engage. Qu'on les paye le tarif UDA pour faire quelques petites promos touristiques dans le Vieux-Québec, dans une calèche devant le Château Frontenac et en chaloupe avec la basse ville et le cap Diamant en toile de fond.

Notre Amir national s'étonne avec raison qu'on évoque des retombées économiques pour justifier la visite du duc et de la duchesse de Cambridge comme s'ils étaient « des personnages de cirque pour attirer les touristes ». J'ai trouvé particulièrement hilarant le parallèle qu'il établit entre la visite du couple princier et « celle naguère des fêtes foraines où défilaient nanocéphales, difformes, papous et aborigènes pour le plaisir de la populace ».

Bravo Amir. Lâche pas!