Biologie - Le bon cou du hibou 

Un mystère de la nature a été résolu par des chercheurs américains : la capacité du hibou à tourner sa tête presque entièrement sur elle-même, et ce, sans arrêter la circulation sanguine dans le cerveau ni endommager ses vertèbres cervicales.


Ces oiseaux de nuit peuvent faire une rotation de 270 degrés de leur tête pour élargir leur champ de vision. Par comparaison, les hommes ne peuvent faire tourner leurs têtes que de 90 degrés. Les yeux des prédateurs nocturnes sont de forme cylindrique, et non de forme ronde comme chez de nombreux animaux. Ils ne peuvent donc pas bouger latéralement.

Chez l'humain, une rotation brutale de la tête et du cou peut déchirer l'enveloppe des vaisseaux qui alimentent le cerveau en sang, et provoquer la formation de caillots à l'origine d'embolies ou d'attaques cérébrales.


Un cou à l'étude


Pour réussir à expliquer les capacités physiques du cou du hibou, le Dr Philippe Gailloud et ses collègues de l'Université Johns Hopkins ont eu recours à l'imagerie médicale et à des angiographies. De plus, ils ont examiné l'anatomie de plusieurs dizaines de hiboux morts de causes naturelles.


Ils ont ainsi pu expliquer les capacités de rotation extrême de la tête de l'oiseau.


La souplesse du cou s'explique dans un premier temps par le fait que le hibou possède quatorze vertèbres cervicales. L'humain en possède 7. 
Ensuite, ses deux artères carotides se situent au centre du cou, et non sur les côtés comme pour de nombreux animaux.


Le diamètre de leurs artères ne se rétrécit pas en traversant le cou, mais s'élargit même à la base de la tête juste au-dessous de l'os de la mâchoire. Cette réalité permet de former des réservoirs de sang qui aident à assurer le flux sanguin lors de rotations extrêmes de la tête.


De plus, les conduits osseux où se trouvent les artères vertébrales de ces oiseaux sont environ dix fois plus larges en diamètre. Cette zone se remplit d'air et forme une poche de protection. Ces canaux ont un diamètre très proche de celui des artères qu'ils contiennent chez les humains.


Finalement, les hiboux ont de petits vaisseaux qui relient les artères carotides et vertébrales. Ces dérivations permettent une circulation ininterrompue du sang dans le cerveau en cas de blocage dans l'une de ces artères.


Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Science affirment que la comparaison de l'anatomie du hibou avec celle de l'humain permet d'expliquer pourquoi ces derniers sont plus vulnérables aux blessures au cou.

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