Adolescent tué à Dorval: le garçon de 12 ans accusé d'homicide involontaire

Le jeune frère de l'adolescent tué par balle lundi soir à Dorval a été accusé de possession d'une arme prohibée et d'homicide involontaire coupable, mardi après-midi, au Tribunal pour adolescents de Montréal.

La Couronne s'oppose à sa remise en liberté. Il demeurera ainsi détenu en centre jeunesse en attendant son procès.

«L'enquête n'est pas terminée. Ce sont des accusations extrêmement graves», a précisé la procureure de la Couronne Marie-Claude Bourassa.

Le garçon encourt une peine de trois ans de réclusion s'il est éventuellement reconnu coupable des accusations déposées contre lui.

«Notre décision, dans chaque dossier, est entièrement basée sur la preuve que nous avons et comme je l'ai dit, les policiers continuent leur enquête, a-t-elle poursuivi. Mais, pour le moment nous avions suffisamment d'éléments de preuve pour déposer ces accusations.»

Long interrogatoire

Les enquêteurs des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont interrogé le garçon de 12 ans pendant une bonne partie de la nuit suivant l'événement qui a coûté la vie à son frère de 16 ans. À la lumière du dépôt d'accusations, les enquêteurs et le Directeur des poursuites criminelles et pénales ont donc estimé que le jeune homme avait eu l'intention de menacer ou de tuer son frère.

L'enfant a lui-même téléphoné aux services d'urgence vers 17h30 pour leur signaler qu'il avait atteint son frère aîné par balle dans leur résidence de la rue Hamilton, à Dorval, dans l'ouest de l'île de Montréal. Le décès de l'adolescent de 16 ans a été constaté à l'hôpital du Lakeshore.

Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, s'est senti interpellé par le drame de Dorval. Après avoir rappelé la tristesse du drame, il a indiqué que l'événement militait en faveur d'un projet de loi sur le contrôle des armes à feu.

L'intention en question

Le criminaliste Conrad Lord expliquait toutefois, plus tôt mardi sur les ondes de RDI, la difficulté de prouver la responsabilité criminelle de l'enfant. «Est-ce qu'on peut penser qu'un jeune homme va manipuler raisonnablement une arme à feu? C'est là toute la question», a-t-il confié en entrevue à RDI.

Les deux frères étaient seuls à la maison quand le plus jeune s'est retrouvé en possession d'une arme de poing chargée. Un coup de feu est parti et l'aîné a été mortellement atteint à la tête.

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