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    Syrie : la mission des observateurs de l'ONU prolongée

    Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont voté unanimement pour une prolongation de 30 jours de la mission des observateurs des Nations unies en Syrie.

    La Russie n'a finalement pas opposé son veto, comme elle l'avait annoncé plus tôt, à cette proposition présentée par les Européens (France, Allemagne, Portugal et Royaume-Uni), à laquelle ont toutefois été apportées des modifications.

    Le Conseil devait se prononcer sur le sort de la Mission de supervision de l'ONU en Syrie (MISNUS) avant l'expiration de son mandat, dans la nuit de vendredi à samedi.

    La MISNUS, composée de 300 observateurs militaires non armés et de 100 civils, a été mise sur pied en avril dernier pour veiller au respect du cessez-le-feu théorique qu'avait obtenu l'émissaire international Kofi Annan.

    Mais dans les faits, la trêve n'a pas tenu et les observateurs ont suspendu l'essentiel de leurs opérations à la mi-juin en raison de la détérioration de la sécurité.

    Le général Robert Mood, chef des observateurs de l'ONU en Syrie, avait quitté Damas pour rejoindre Genève, en Suisse, jeudi.

    Sur le terrain, les combats entre les rebelles et les forces fidèles au régime syrien se poursuivent pour une 6e journée consécutive à Damas. Tous les détails dans notre article.

    Veto russo-chinois : Moscou rejette les critiques

    Au lendemain du double veto russo-chinois au Conseil de sécurité lors du vote sur un projet de résolution menaçant de sanctions le régime de Bachar Al-Assad, la Russie avait plus tôt jugé « inacceptable » les propos la tenant pour responsable de la situation en Syrie.

    Rejetant les critiques des pays occidentaux, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch, a déclaré que le projet de résolution bloqué jeudi par la Russie et la Chine était « absolument irréaliste ».

    Plutôt que de se livrer à de « grossières insinuations sur la politique de la Russie », a-t-il ajouté, il serait préférable que « nos partenaires occidentaux fassent au moins quelque chose pour inciter l'opposition armée à s'engager sur la voie d'un règlement politique ».

    Alexandre Loukachevitch a aussi vivement critiqué les propos de l'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, qui avait déclaré la veille que les États-Unis allaient tenter de travailler avec des partenaires en dehors du Conseil de sécurité pour exercer des pressions sur le régime syrien. « Si de telles déclarations et de tels plans sont des éléments de la politique actuelle, je pense que c'est un signe très très alarmant qui est envoyé à tous », a estimé M. Loukachevitch.

    Sur la scène internationale, vendredi, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a « profondément regretté » l'échec à l'ONU de la résolution qui prévoyait des sanctions contre la Syrie. Elle a assuré qu'elle allait « continuer à soutenir Kofi Anan et son plan ».

    Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a par ailleurs affirmé que l'Union européenne examinera lundi de nouvelles sanctions contre la Syrie, dont le renforcement de l'embargo sur les armes.

    De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré que le Conseil de sécurité n'avait pas « pris ses responsabilités » en rejetant la résolution, estimant que le soutien à l'opposition syrienne allait désormais être accru. « Nous allons tous maintenant faire plus en dehors du cadre du Conseil de sécurité et intensifier notre soutien à l'opposition et notre aide humanitaire en dehors du travail fait par le Conseil de sécurité », a-t-il souligné.

    La Russie reporte la livraison d'hélicoptères en Syrie

    Selon ce que rapporte l'agence de presse russe Interfax, la Russie a décidé de « reporter » la livraison de trois hélicoptères de combat à la Syrie jusqu'à la « normalisation » de la situation dans ce pays.

    « La décision de reporter les livraisons d'hélicoptères à la Syrie est liée à l'aggravation de la situation militaire et politique dans le pays et à l'attentat terroriste [mercredi à Damas, NDLR] dans lequel sont morts ou été blessés plusieurs chefs militaires syriens haut placés, ainsi qu'à l'intensification des actions militaires de l'opposition », affirme une source militaro-diplomatique à Interfax.

    Imbroglio autour des propos de l'ambassadeur russe à Paris

    L'ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov, a tenu des propos controversés lors d'une entrevue radio, propos qu'il a plus tard nuancés tout en réaffirmant les positions traditionnelles de son pays quant à la situation en Syrie.

    Dans un entretien sur les ondes de Radio France internationale (RFI), l'ambassadeur russe a affirmé que le président Bachar Al-Assad accepterait de quitter le pouvoir « d'une manière civilisée ».

    Interrogé sur le caractère inéluctable du départ du pouvoir du président syrien, le diplomate russe a répondu : « Personnellement, je partage votre avis. Je crois que ça sera difficile pour lui de rester après tout ce qui s'est passé ».

    Le 30 juin, le communiqué final de la rencontre du Groupe d'action sur la Syrie à Genève « prévoyait une transition vers un régime plus démocratique » et « ce communiqué final a été accepté par Assad », a souligné Alexandre Orlov. « Assad a nommé son représentant pour mener les négociations avec l'opposition sur cette transition. C'est-à-dire, il accepte de partir. Mais partir d'une façon civilisée », a jugé l'ambassadeur russe.

    La télévision d'État syrienne s'est empressée de démentir les déclarations attribuées à M. Orlov. « L'interview menée par Radio France internationale à Paris avec Alexandre Orlov a été enregistrée et postée sur les sites Internet. [Les propos] ont été déformés et l'ambassadeur russe n'a pas du tout dit ce qui lui a été attribué », a précisé la télévision officielle, fustigeant des « médias assoiffés de sang ».

    Le principal intéressé a lui-même nuancé ses propos dans une entrevue à la chaîne BFMTV. « Si le président Assad a accepté [le communiqué final de Genève] qui prévoit une transition, ça veut dire que peut-être à l'intérieur de lui-même il est prêt à partir si tel est le résultat de ces négociations » devant en principe découler de l'accord du 30 juin, a-t-il dit.

    « Dire maintenant que l'ambassadeur de Russie a dit que le président syrien est prêt à partir, c'est complètement faux », a-t-il affirmé. « D'ailleurs, c'est la divergence fondamentale entre nous et nos partenaires occidentaux au sein du Conseil de sécurité, qui demandent justement que le président Assad parte avant qu'on commence les négociations », a-t-il ajouté.

    L'ambassade de Russie à Paris a de son côté démenti que son ambassadeur ait dit que Bachar Al-Assad avait accepté de quitter le pouvoir, affirmant que les propos du diplomate avaient été « sortis de leur contexte ».

    Radio-Canada.ca avec AFP, PC et Reuters