« Pour nous, la campagne électorale ne sera pas suffisante pour répondre aux revendications du mouvement étudiant. Nous l'avons vu durant les débats, l'éducation a très peu été évoquée par les différents partis politiques, a déclaré Camille Robert, porte-parole de la CLASSE, lors d'une discussion avec des électeurs sur Radio-Canada.ca. En ce sens, nous souhaitons poursuivre la grève pour que notre message puisse encore se faire entendre après le 4 septembre ».
À l'écart de la campagneCela dit, la CLASSE préfère « rester à l'écart de la campagne ». La coalition a donc adopté une stratégie différente des deux autres associations, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). « Nous souhaitons donc garder une certaine indépendance et liberté par rapport à notre campagne de mobilisation », précise-t-elle.
Malgré cette mise à l'écart, Mme Robert a critiqué le gouvernement libéral : « Nous n'avons jamais souhaité que le conflit s'étire aussi longtemps. À notre avis, le gouvernement libéral est le premier responsable de la détérioration de la session en ayant reporté aussi tard le règlement du conflit ».
Les droits de scolarité et la campagne selon Léo Bureau-BlouinLéo Bureau-Blouin, ex-président de la Fédération étudiante collégiale du Québec et candidat du Parti québécois dans Laval-des-Rapides, comprend la déception de certains électeurs qui estiment que la question étudiante prend peu de place depuis le début de la campagne électorale. Mais il soutient qu'« au-delà de ce dont on parle, ce qui m'intéresse c'est de savoir ce qu'on va faire par la suite ».
« Et il y a autant d'enjeux qu'il y a d'électeurs. C'est plus facile quand on fait du porte-à-porte de cerner ce que veut un électeur, quel élément du programme pourra l'intéresser. Quand on s'adresse à la télévision et qu'on n'a que quelques secondes, je comprends la déception des gens de parfois avoir l'impression qu'on ne s'adresse pas assez à eux. Ce qu'on peut faire, c'est d'essayer de cibler mieux, de parler plus des programmes que des divisions partisanes », ajoute-t-il lors d'une entrevue à Radio-Canada.
Au lendemain de la manifestation organisée notamment par la CLASSE, la porte-parole concède que « le contexte de poursuite de la grève est très difficile ». Elle évoque la suspension des prêts et bourses jusqu'à la reprise de la prochaine session, la « menace » d'une annulation de la session avec mention d'échec par les administrations universitaires et la loi 12.
Malgré cela, Mme Robert estime qu'« il ne s'agit pas d'un abandon de la mobilisation » et avance le chiffre de 100 000 étudiants en grève pour la manifestation de mercredi.
La porte-parole critique au passage l'évaluation faite par la firme Altus de 12 250 manifestants, estimant que celle-ci a été faite très tôt, alors que tout le monde n'était pas arrivé. Et d'ajouter que la CLASSE n'a pas rendu d'estimation publique. Or, le compte Twitter de l'association a estimé la foule à 100 000 personnes.
Selon l'évaluation de la firme Altus, faite pour Radio-Canada, il y avait 12 250 personnes à 14 h 35 rassemblées à la Place du Canada. La marge d'erreur est de 10 à 15 %.
Un deuxième comptage, à l'intersection de Sherbrooke et Bleury, donnait 11 650 personnes.


