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    Violence et carré rouge: Christine St-Pierre s'excuse

    La ministre québécoise de la Culture, Christine St-Pierre, a finalement présenté ses excuses, mercredi, après avoir associé le carré rouge à la violence et à l'intimidation.

    Mme St-Pierre répète par ailleurs que « personne au Québec ne peut oublier les actes de violence qui ont été commis dans les derniers mois [...] On parle de menaces, d'intimidation, de collègues qui ont eu des bidons d'essence devant leur maison ».

    Vendredi dernier, la ministre St-Pierre, déçue de la décision du conteur Fred Pellerin de s'absenter de la cérémonie de l'Ordre national du Québec en soutien à la cause étudiante, a déclaré qu'elle reconnaissait à l'auteur le droit de porter le carré rouge, mais que pour elle ce symbole signifiait « l'intimidation, la violence » et le « fait qu'on empêche des gens d'aller étudier ».

    Fred Pellerin, qui a reçu un prix de l'Ordre national du Québec, expliquait sa décision de ne pas assister à la cérémonie en disant qu'il s'en voudrait « de célébrer et de trinquer à l'honneur [du] peuple dans le contexte actuel ».

    La ministre refusait jusqu'ici de s'excuser, ce que demandait le Parti québécois.


    Des artistes condamnent les propos de la ministre

    2600 artistes et professeurs ont condamné les propos de la ministre dans une lettre, mercredi.

    Ils accusent Christine Saint-Pierre de stigmatiser « la violence associée au mouvement étudiant », en voulant se faire du « capital politique ». Ils estiment que ce comportement est indigne d'une ministre de la Culture.

    Les signataires demandaient à la ministre et au Parti libéral du Québec de prendre leurs responsabilités et affirmaient que la violence était « incarnée » par les policiers lors des arrestations des manifestants plutôt que par les manifestants eux-mêmes. Ils estimaient aussi que la violence se retrouvait dans les propos « menteurs et méprisants » des libéraux et dans leur inaction pour dénouer la crise. Ils soulignaient que les paroles de la ministre manquaient de discernement et qu'ils les considéraient comme « un faux pas qui tente de nous plonger dans une rhétorique de la peur et dénigre par le fait même l'intelligence du milieu culturel ».

    Parmi les signataires de cette lettre, on retrouve entre autres les metteurs en scène Dominic Champagne et Brigitte Haejhtens, les réalisateurs Hugo Latulipe et Karina Goma, la comédienne Céline Bonnier et les chanteurs Yann Perreau et Pierre Lapointe.