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    Gouvernement de coalition en Grèce: le premier ministre prête serment

    Les conservateurs de Nouvelle Démocratie ont négocié un accord final avec les socialistes et la gauche modérée pour former un gouvernement de coalition. Antonis Samaras devient donc premier ministre.

    « Avec l'aide de Dieu, nous allons tout faire pour sortir le pays de la crise. Demain, je vais demander au gouvernement de travailler d'arrache-pied pour donner un espoir tangible au peuple grec. [...] C'est un moment crucial, il faut rétablir la dignité des Grecs et assurer la relance de l'économie et la cohésion sociale », a déclaré M. Samaras au président grec, Carolos Papoulias, après avoir prêté serment.

    La coalition comprend le parti conservateur Nouvelle Démocratie, gagnant des élections de dimanche, en plus des socialistes du Pasok dirigés par Evangélos Vénizélos (arrivés troisièmes avec 33 sièges) et la Gauche démocratique de Fotis Kouvelis, le Dimar, qui a obtenu 17 sièges au Parlement.

    Les trois partis sont unis par leur volonté de maintenir le pays dans la zone euro et leur appui au plan d'austérité de l'Union européenne et du Fonds monétaire international. Ils s'opposent à la gauche radicale du Syriza, arrivée deuxième aux élections avec 26,89 % des voix (71 sièges), qui refuse le plan d'austérité.

    Le parti d'Antonis Samaras a remporté dimanche 129 sièges sur les 300 du Parlement grec, la Vouli, avec 29,66 % des voix. Depuis lundi, M. Samaras multipliait les discussions avec ses confrères favorables au plan d'austérité afin de les convaincre de former une coalition.

    Une coalition fragile?

    Un responsable du parti Syriza interviewé par la correspondante de Radio-Canada en Europe, Anyck Béraud, a estimé que cette « troïka » ne durerait pas plus de trois ou quatre mois à son avis, alors que la « dictature financière » européenne souhaite un gouvernement qui restera au pouvoir pour au moins deux ans. « Ce n'est pas la réalité de notre pays », a souligné Costas Isihos.

    Maintenant que les dirigeants des trois partis ont accepté de soutenir la coalition, les prochaines heures seront consacrées à des discussions sur la répartition des portefeuilles.

    Selon plusieurs sources, socialistes et militants de la Gauche démocratique refuseraient que des membres de leur parti siègent au sein du cabinet, ce qui pourrait affaiblir la coalition. Ils ont plutôt suggéré des techniciens comme ministres.

    Un responsable a indiqué que le président de la Banque nationale grecque, Vassilis Rapanos, pourrait notamment devenir ministre des Finances. L'économiste de 65 ans avait d'ailleurs dirigé le Conseil des experts du ministère de l'Économie et des Finances au moment de l'entrée de la Grèce dans la zone euro, en 2001.

    Les membres de la nouvelle équipe doivent être désignés mercredi soir, à temps pour que le nouveau ministre des Finances participe, jeudi, à une réunion sur la situation grecque avec ses homologues de la zone euro.

    Le scrutin du 6 mai dernier s'était soldé par une impasse politique, les partis ayant échoué dans leur tentative de former un gouvernement de coalition après des résultats électoraux très partagés.

    Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters