Des résidents de la ville de Shifang, dans la province chinoise du Sichuan, ont forcé les autorités municipales à mettre sur la glace un projet d'usine métallurgique de la firme Sichuan Hongda jugée trop polluante.
Plusieurs sources indiquent cependant que les violents affrontements qui ont contraint l'administration municipale de cette ville de 220 000 habitants à faire marche arrière dans ce dossier se poursuivent toujours mardi.
La municipalité de Shifang a annoncé lundi que le projet d'usine, censée fabriquer des alliages à base de cuivre et de molybdène, ne serait pas redémarré avant que la majorité de la population ne le soutienne ».
Cette annonce a été faite après que plusieurs centaines de personnes eurent manifesté contre la construction de cette usine. Le rassemblement de dimanche s'était déroulé sans anicroche, mais celui de lundi a viré à l'affrontement.
De l'avis même des autorités municipales, 13 manifestants ont été blessés et ont dû être transportés à l'hôpital lundi après que les forces de l'ordre eurent utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule rassemblée devant l'hôtel de ville.
Selon elles, les manifestants lançaient des briques, des pierres et d'autres objets en direction du bâtiment, d'employés municipaux et de policiers. Plusieurs d'entre eux ont été blessés. Des véhicules ont aussi été renversés ou vandalisés.
La police de Shifang a prévenu les manifestants par voie de communiqué mardi qu'ils seraient « sévèrement punis » s'ils continuaient à mener des actions « illégales ».
« Tous ceux qui ont incité, planifié ou organisé des rassemblements illégaux, des manifestations ou des marches de protestation ainsi que ceux qui sont impliqués dans des destructions et des pillages (...) seront sévèrement punis », indique la police.
« Tous ceux qui utilisent l'Internet, les messages par téléphone portable ou d'autres méthodes » dans les mêmes buts « doivent immédiatement cesser leurs activités illégales », poursuit la police.
Des habitants interrogés par l'AFP signalent néanmoins que des affrontements ont toujours lieu mardi entre des manifestants et les forces de l'ordre, qui utilisent des gaz lacrymogènes et des matraques à leur endroit.
« Je viens de me rendre sur une petite place près du centre-ville; il y avait là plusieurs centaines, peut-être plus de 1000 personnes. Au moment où je me suis mêlée à la foule, la police a fait usage de gaz lacrymogènes », a déclaré une femme ayant requis l'anonymat.
En début d'après-midi, « il y avait encore beaucoup de badauds (dans les rues). Je suis également sorti pour voir. La police chassait les gens à coups de matraque », a déclaré un autre habitant.
Des rumeurs font état d'un mort ou deux dans les affrontements, mais elles ne peuvent être confirmées.
Plusieurs photos et vidéos circulant sur Internet montrent par ailleurs des manifestants couverts de sang, mais leur authenticité ne peut être vérifiée.
La pollution industrielle est de plus en plus souvent une source de mécontentement en Chine. En août 2011, des milliers de manifestants avaient forcé le déménagement d'une usine de paraxylène de Dalian, dans le nord-est du pays.
Radio-Canada.ca avec AFP, Associated Press, Reuters et BBC News


