Les négociations à l'ONU visant à conclure un premier traité international sur le commerce des armes conventionnelles ont échoué à New York vendredi.
Après des semaines de négociations, les 193 États membres n'ont pas atteint de consensus sur les règles qui doivent encadrer les ventes mondiales d'armes, notamment en vue d'éviter que les armes soient envoyées dans les zones de conflit telles que la Syrie.
Le texte aurait obligé chaque pays à évaluer le risque que les armes vendues soient utilisées pour commettre des « violations graves des droits de l'homme », ou d'être détournées par le crime organisé.
Dans sa dernière version, le traité couvrait toutes les armes conventionnelles : armes légères, chars de combat, missiles, systèmes d'artillerie, avions, hélicoptères et navires de combat.
« Le texte que j'avais proposé était un projet de traité, certains pays ne l'aimaient pas, mais l'immense majorité était d'accord », a déploré le diplomate argentin Roberto Garcia Moritan, président de la conférence. Il devrait soumettre le projet à l'Assemblée générale, en septembre prochain, afin qu'elle décide s'il doit y avoir de nouvelles négociations et quand. Le rapport du diplomate proposerait de reprendre les négociations pendant deux semaines au début 2013.
Bien que 90 pays aient signé un texte se déclarant « déterminés à obtenir bientôt un traité sur le commerce des armes, » une petite minorité d'États a exprimé son opposition à un contrôle mondial, dont la Syrie, la Corée du Nord, l'Iran, l'Égypte et l'Algérie.
Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit déçu de l'échec des discussions, tout en étant conforté de voir que les Nations unies continueront de poursuivre « ce noble objectif ».
L'ambassadeur Jean-Hugues Simon-Michel, principal négociateur français, a pour sa part qualifié ce résultat de « plus mauvais scénario possible » car il ne donne pas de perspective claire. Quand la négociation reprendra, « le risque est de repartir de zéro », craint-il.
Les États-Unis ont été désignés par plusieurs comme responsables de l'échec des pourparlers.
Washington aurait refusé de se prononcer sur le projet de traité avant la date limite, demandant plus de temps pour peaufiner le texte. La Russie et d'autres pays ont suivi, rendant impossible l'obtention d'un consensus dans les délais impartis.
Les États-Unis « ont fait dérailler le processus et il faudra attendre l'élection présidentielle américaine » de novembre pour sortir de l'impasse, a affirmé un diplomate.
En 2009, le président Barack Obama est revenu sur la ligne qu'avait suivie George Bush, et s'est rallié au projet de traité international. Des délégués américains ont cependant mis l'accent sur leur volonté de protéger le droit à la possession d'armes garanti aux Américains par le Deuxième Amendement.
Le commerce des armes totalise 60 milliards de dollars chaque année.
Les États-Unis sont les plus importants fournisseurs d'armes conventionnelles, suivis du Royaume-Uni, de la Chine, la France, l'Allemagne et la Russie.
Le secteur militaro-industriel des États-Unis représente 40% du commerce mondial d'armes conventionnelles.
Les armes à feu seraient responsables d'un décès par minute à travers le monde.
Radio-Canada.ca avec AFP, Associated Press et Reuters


