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    Syrie - Situation en Syrie : un père jésuite expulsé du pays témoigne

    Le père jésuite Paolo Dall'Oglio a été contraint de quitter la Syrie, où il a vécu une trentaine d'années.

    De passage à Montréal, où il est venu témoigner de la situation en Syrie, il a accordé une entrevue à radio-canada.ca, où il a décrit l'état du pays avant le soulèvement de mars 2011.

    Témoin de l'évolution de la situation depuis le début des événements, le prêtre explique comment la contestation pacifique du régime s'est transformée en confrontation armée.

    Ayant vécu quelque temps dans la région de Homs, le père Paolo raconte ce qu'il a vu. Il parle également des germes de la guerre civile et des relations entre les différentes communautés durant cette période tourmentée.

    Le père jésuite explique également les raisons de son expulsion de la Syrie. Il dit avoir l'optimisme de la foi mais craint que la Syrie ne devienne le champ de la confrontation entre les musulmans chiites et sunnites. Pour lui, cette confrontation est « un désastre pour l'islam, pour la région et pour les chrétiens de la région ».

    Des Syriens de Montréal se sont retrouvés mercredi à l'église Notre-Dame-des-Anges pour écouter le témoignage du père Paolo Dall'Oglio. Musulmans et chrétiens ont rompu ensemble le jeûne du sixième jour du ramadan. Lire notre reportage.

    Écoutez ci-dessous l'entrevue que nous a accordée le père Paolo


    Parcours du père Paolo Dall'Oglio

    Quand le père Paolo Dall'Oglio a quitté la Syrie en juin dernier, il a créé une nouvelle adresse de courriel qu'il a appelée mattroud.zaalan@... qui se traduit par « expulsé en colère ».

    Cela faisait 30 ans qu'il vivait en Syrie dans le très vieux monastère catholique syriaque de Mar Moussa Al-Habachi, au nord de Damas, qui était abandonné depuis des années.

    Le père Paolo, venu de Rome, a ressuscité le lieu en le restaurant et en en faisant un point de rencontre entre toutes les communautés syriennes.

    En référence au patriarche Abraham, père du monothéisme, le père Paolo a fondé en 1992 la communauté Al-Khalil (terme coranique qui se traduit par ami ou compagnon), qui oeuvre pour le dialogue islamo-chrétien.

    Durant toutes ces années, le père jésuite s'est enraciné dans cette Syrie qui est devenue sienne. Il s'est attaché aux lieux et aux hommes, et c'est tout naturellement qu'il a pris position depuis le début du soulèvement contre le régime pour le dialogue et contre la répression.

    Pour le régime syrien, le père Paolo Dall'Oglio a franchi la ligne rouge quand il a publié en juillet 2011 un texte publié sur le site du monastère intitulé La démocratie consensuelle, pour l'unité nationale. Le gouvernement le déclare alors persona non grata, lui ordonnant de quitter le pays.

    Mais le père jésuite ignore l'ordre des autorités et reste dans le pays pour témoigner de la situation et soigner les souffrances.

    Ce n'est qu'en juin dernier, à la demande de son évêque, que le père Paolo s'est résigné à quitter la Syrie. Mais la Syrie ne l'a pas quitté, lui. Le père Paolo continue de témoigner de la situation et tente d'alerter l'opinion internationale à propos du « désastre syrien ».

    Mercredi, il était à Ottawa, où il a rencontré le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird.

    Par la suite, il a animé une rencontre avec des membres de la communauté syrienne à Montréal.

    Texte et entrevue de Kamel Bouzeboudjen