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    Syrie : les observateurs de l'ONU enquêtent sur les morts de Treimsa

    Des observateurs de l'ONU déployés en Syrie se sont rendus samedi à Treimsa, une localité du centre du pays où l'armée syrienne a tué plus de 150 personnes jeudi.

    Une première patrouille de reconnaissance s'était déjà rendue sur les lieux, pour s'assurer que la voie était libre pour les observateurs, a précisé leur porte-parole, Sausan Ghosheh.

    Vendredi, la patrouille « a évalué la situation, pour voir si les combats avaient cessé et si nous avions accès à la ville », et samedi, « nous avons envoyé une grande patrouille intégrée, pour chercher à vérifier les faits », a-t-elle expliqué.

    Dans un précédent courriel, elle avait annoncé que les observateurs étaient entrés à Treimsa, à bord d'un convoi de 11 véhicules.

    Un militant de Hama, Abou Ghazi, a pour sa part affirmé que le groupe avait rencontré des habitants sur place et « inspecté les endroits pilonnés et les lieux tâchés de sang ».

    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plus de 150 personnes, dont des dizaines de rebelles, ont été tuées jeudi dans des bombardements et des combats à Treimsa, une localité de 10 000 habitants, essentiellement sunnites.

    Un grand nombre de victimes ont été « sommairement exécutées » et 17 autres, dont des femmes et enfants, ont été tuées alors qu'elles tentaient de fuir cette localité sunnite.

    Le régime syrien a qualifié samedi cette attaque, dénoncée par la communauté internationale, de succès militaire ayant permis de tuer beaucoup de « terroristes » et aucun civil.

    Indignation française et turque

    Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a dénoncé samedi l'attaque de Treimsa, la qualifiant de « massacre inhumain », soulignant que « tôt ou tard » le régime syrien devait s'écrouler.

    Il a aussi établi à « plus de 40 000 » le nombre de réfugiés syriens qui ont fui le conflit dans leur payss et trouvé refuge en Turquie dans différents camps installés à la frontière syrienne.

    De son côté, le président français, François Hollande, a affirmé qu'il est encore temps d'éviter la guerre civile en Syrie, estimant qu'il s'agirait du « pire » scénario.

    La Russie et la Chine « bloquent toute résolution au Conseil de sécurité » de l'ONU pour tenter de trouver une solution aux violences en Syrie, a cependant déploré le président dans une entrevue télévisée à l'occasion du 14 juillet.

    Il a reconnu l'importance des « relations commerciales, historiques », entre, notamment, la Russie et la Syrie et a dit les respecter. Mais, selon lui, le régime syrien est dans « une fuite en avant meurtrière » et les exactions des derniers jours mettent les alliés de Damas, Chine et Russie, devant leurs responsabilités.

    Vendredi, le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, a condamné les « atrocités » commises dans le village de Treimsa. Damas, dit-il, viole les engagements pris envers la communauté internationale.

    Dans le cadre de sa mission, M. Annan doit se rendre lundi à Moscou, après une récente visite à Damas et à Téhéran.

    Par ailleurs, des combats entre des rebelles syriens et des soldats et miliciens fidèles au régime du président Bachar Al-Assad ont fait au moins 10 morts et 15 blessés samedi matin du côté des insurgés, dans la province d'Idleb, près de la frontière turque, selon un journaliste de l'Agence France-Presse sur place.

    Un attentat-suicide à l'explosif a aussi fait quatre morts à Mouhrada, dans le centre de la Syrie, a annoncé l'agence officielle Sana.

    Selon Sana et l'OSDH, deux femmes, un enfant ainsi qu'un membre des forces de sécurité ont été tués. Le kamikaze, d'après Sana, transportait dans sa voiture une bombe dissimulée sous des oignons. L'attentat, qui n'a pas été revendiqué, visait selon l'OSDH le siège local de la sécurité militaire.

    Vendredi, les violences avaient fait au moins 118 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins

    Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters