La grande région de Montréal souffre d'un manque de lits en soins palliatifs, selon les données obtenues par l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) grâce à la Loi sur l'accès à l'information. À l'échelle du Québec, le déficit est de 146 lits au regard de l'objectif d'un lit pour 10 000 habitants fixé par le gouvernement.
« La norme établie par le ministre [Yves] Bolduc demeure un minimum face à des besoins futurs toujours grandissants », souligne dans un communiqué le premier vice-président de l'AQRP, Claude Lainesse. « La grande région de Montréal n'atteint même pas cette norme », déplore-t-il, ajoutant qu'il est « urgent que le gouvernement du Québec revoie son mode de développement des places en soins palliatifs afin de permettre à tous de terminer leur vie sereinement. »
Dans la grande région de Montréal, la situation est jugée « très préoccupante » par l'Association québécoise des retraités. il manque en effet 126 lits : 59 à Montréal même; 29 en Montérégie; 16 à Laval; 12 dans les Laurentides et 10 dans les Lanaudière.
Pour le directeur des communications de l'AQRP, Mathieu Santerre, « l'intensité de la population sur l'île » peut expliquer ces écarts par rapport à l'objectif ministériel. Il ne faut pas pour autant « prendre appui sur le fait que les ressources sont plus facilement accessibles en zone urbaine pour s'abstenir de développer les places dont on a besoin pour finir sa vie sereinement », a-t-il précisé sur les ondes de RDI.
À l'inverse, la région de Québec est la mieux dotée de la province, avec 84 lits, soit 14 de plus que l'objectif du ministère. Le Bas-Saint-Laurent (+11) et l'Abitibi-Témiscamingue (+8) sont également « excédentaires ». Tandis que le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine sont à l'équilibre.
L'AQRP demande donc au gouvernement « d'accélérer le développement des places dans la région Montréal » et de « consolider le financement dans les autres régions », Mathieu Santerre soulignant que le financement des maisons spécialisées en soins palliatifs ne couvrait que « 50 % des besoins ».
Sur les 685 lits dédiés aux soins palliatifs dans la province, environ 45 % se situent en milieu hospitalier, 30 % en maisons spécialisées et 25 % en CHSLD. Au Québec, près de 35 000 personnes meurent chaque année de « maladies chroniques susceptibles de bénéficier de soins palliatifs », indique l'AQRP.
La donnée entre parenthèses représente l'écart estimé avec l'objectif ministériel d'un lit par 10 000 habitants.
- Abitibi-Témiscamingue: 23 lits (+8)
- Bas-Saint-Laurent: 31 lits (+11)
- Capitale-Nationale: 84 lits (+14)
- Chaudière-Appalaches: 39 lits (-2)
- Côte-Nord: 13 lits (+3)
- Estrie: 30 lits (-1)
- Gaspésie - Îles-de-la-Madeleine: 9 lits (aucun écart)
- Lanaudière: 37 lits (-10)
- Laurentides: 44 lits (-12)
- Laval: 24 lits (-16)
- Mauricie et Centre-du-Québec: 43 (-7)
- Montérégie: 117 lits (-29)
- Montréal: 137 lits (-59)
- Outaouais: 27 lits (-10)
- Saguenay - Lac-Saint-Jean: 27 lits (aucun écart)
- Total: 685 lits (-110)
Source : Compilation des réponses des agences régionales de santé aux demandes d'accès à l'information de l'AQRP (printemps 2012)


