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    Société - La Caisse populaire de Caraquet exige le vouvoiement

    La Caisse populaire Acadie, à Caraquet, a mis en oeuvre, depuis quelques mois, un « Code de vie », dans lequel elle impose à ses employés de vouvoyer les clients.

    Selon le code de vie, les employés de la Caisse populaire Acadie se doivent d'avoir du plaisir en travaillant, de garder le sourire et de gérer leurs émotions.

    Même si les Acadiens utilisent souvent le tutoiement entre eux, ce code demande aux employés de vouvoyer les clients.

    Le directeur général de la caisse, Serge Désilets, dit que plusieurs clients réclamaient d'être vouvoyés. « Il y a des gens qui m'approchaient pour me dire que l'absence de vouvoiement les agaçait », affirme M.Désilets.

    Selon lui, la caisse populaire laisse quand même ses employés exercer leur bon jugement. « C'est de vouvoyer au premier contact. Lorsque le membre demande de faire du tutoiement, on va passer au tutoiement », explique Serge Désilets.

    La professeure à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Moncton, Sylvie Blain, a constaté depuis longtemps que le tutoiement est fort répandu en Acadie, davantage qu'au Québec et en France.

    « Ça fait partie de notre langue française, il faut apprendre à l'utiliser avec discernement. Le mieux c'est de demander à la personne est-ce que vous préférez que je vous tutoie ou vous vouvoie », explique Mme Blain.

    Selon elle, si le vouvoiement marque un respect, il peut être, également, mal reçu. « Parfois, ça peut avoir l'effet inverse. Les gens vont peut-être penser que vous voulez créer une distance », dit Mme Blain.