ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    Scandale du Libor : les banques britanniques sur la sellette

    La commission des Finances de la Chambre des communes britannique a publié samedi un rapport sans équivoque sur le scandale de la manipulation du taux interbancaire Libor. Il appelle les autorités à prendre des mesures « urgentes » afin d'améliorer la gestion et la supervision des banques en Grande-Bretagne.

    Ces améliorations sont « nécessaires si l'on veut restaurer la confiance du marché et de la population », a martelé Andrew Tyrie, le président conservateur de la commission qui a rendu ses conclusions préliminaires après avoir auditionné, entre autres, l'ex-directeur général de la banque Barclays, Bob Diamond, au coeur de ce scandale.

    « La commission a appelé à agir dans certains domaines dont l'augmentation des amendes pour les groupes qui ne coopèrent pas avec les régulateurs, le besoin d'examiner les lacunes du droit pénal et (la nécessité) d'un cadre de gouvernance bien plus solide à la Banque d'Angleterre », a-t-il ajouté.

    Bob Diamond s'étonne notamment que la manipulation n'ait pas été décelée, ni par l'Autorité des marchés financiers (la FSA) ni par la Banque d'Angleterre (BoE). « Cela ne va pas », a-t-il martelé.

    La commission a en revanche blanchi la banque centrale anglaise des soupçons qui pesaient sur son rôle dans le scandale. L'ex-directeur des opérations de Barclays Capital, le Canadien Jerry del Missier, avait en effet déclaré qu'il avait interprété des propos de l'un des vice-gouverneurs de la BoE, Paul Tucker, comme un encouragement à abaisser les taux du Libor.

    Barclays n'a pas eu besoin de « signal ou de clin d'oeil de la part de la Banque d'Angleterre » et n'est « très vraisemblablement pas la seule banque à avoir tenté de le faire », souligne le rapport.

    L'affaire dite du Libor a éclaté à la fin du mois de juin, lorsque la banque Barclays avait indiqué qu'elle allait payer environ 463 millions de dollars pour mettre fin à des enquêtes des régulateurs britannique et américain sur la manipulation des taux interbancaires britannique (Libor) et européen (Euribor) entre 2005 et 2009.

    Ces taux servent de référence dans des produits financiers et peuvent avoir des conséquences sur des prêts aux particuliers et aux entreprises.

    Ce scandale a conduit le Bureau de la concurrence du Canada à ouvrir sa propre enquête, certaines banques canadiennes étant suspectées d'avoir participé à cette affaire de collusion qui a ébranlé le monde financier.

    Radio-Canada.ca avec AFP