Des élèves et des employés d'un pensionnat de Winnipeg qui ont été testés pour le VIH et l'hépatite B et C après avoir été piqués avec le même autopiqueur ont reçu leurs résultats lundi.
Un avocat oeuvrant pour le Southeast Collegiate a confirmé la nouvelle, mais a précisé que les résultats ne seraient pas communiqués aux médias. Les résultats devaient être livrés pour une cinquantaine de personnes lundi.
Le 4 mai dernier, quelque 80 personnes ont pris part à une journée de sensibilisation au diabète dans l'établissement. Un professeur en pédiatrie de la Faculté de médecine de l'Université du Manitoba leur a alors fait passer un test de glycémie à l'aide d'un autopiqueur à usage personnel, sans l'accord de l'Université, ni des parents des pensionnaires.
Le professeur a utilisé des lancettes différentes pour chaque sujet, mais a conservé le même autopiqueur à chaque utilisation, poussant l'Université du Manitoba à demander à l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) de mener des tests de dépistage auprès de tous ceux dont la glycémie a été mesurée.
Selon la Faculté de médecine, le professeur fautif a subi des sanctions pour avoir accompli un acte médical qui allait « au-delà du spectre de ses compétences ». On ne connaît pas la nature des sanctions.
L'avocat du Southeast Collegiate, Brian Bowman, indique « qu'il s'agit d'une journée scolaire normale » pour les élèves concernés, qui sont âgés de 15 à 20 ans.
Les résultats des tests de dépistage ont été transmis aux parents par des professionnels de la santé de l'ORSW, ajoute-t-il.
Pour l'instant, aucune action en justice n'a été intentée, confirme l'avocat. Me Bowman n'a pas souhaité préciser si une poursuite serait entamée, expliquant que « la priorité pour notre client est d'assurer la santé et le bien-être des employés et des élèves ».
Toutefois, l'avocate Anne McGillvray croit que le simple fait d'avoir piqué les doigts d'élèves mineurs sans le consentement des parents pourrait constituer une agression en vertu du Code criminel du Canada.
Me McGillvray, qui enseigne le droit des enfants à l'Université du Manitoba, estime que la direction du pensionnat aurait dû alerter les parents dès qu'elle a eu vent de la situation problématique.
« S'il n'y a pas eu de consentement dans cette situation, alors [le fait de toucher] de manière non consentie constitue des voies de fait et le fait de toucher dans un contexte médical constitue des voies de fait », a-t-elle évalué.
La juriste n'a pas souhaité avancer s'il existait matière à poursuivre dans le cas du pensionnat.
Certains parents n'ont su que deux semaines environ après les faits que leurs enfants avaient été soumis à un test de mesure de la glycémie et potentiellement exposés à un risque de santé publique. La lettre envoyée par l'Université du Manitoba détaillant les événements du 4 mai est datée du 27 mai dernier.
Le pensionnat est géré par neuf Premières Nations manitobaines. Les chefs de ces Premières Nations avaient par ailleurs questionné le délai qui s'est écoulé entre les faits et le signalement envoyé aux parents, qui sont souvent à plusieurs centaines de kilomètres de leurs enfants pensionnaires.
Le chef de la Première Nation crie Manto-Sipi, Michael Yellowback, a témoigné de l'inquiétude qui habite les parents, ayant lui-même un fils pensionnaire. Il a rappelé qu'un résultat négatif au VIH ou à une hépatite ne contiendrait pas son anxiété, étant donné que les jeunes devront être testés de nouveau dans six mois.


