Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a inauguré, lundi après-midi, l'urgence de l'hôpital de Gatineau. L'établissement reçoit des patients depuis le 30 mai. Il a en profité pour faire le point sur les soins de santé en Outaouais.
Le ministre Bolduc s'est montré optimiste. Selon lui, la région est sur la bonne voie, tout en reconnaissant que ce n'est pas parfait.
Selon lui, le recrutement de spécialistes va bon train. La situation dans les urgences est beaucoup mieux depuis six à huit semaines. Aussi, les listes d'attente de plus d'un an pour les chirurgies sont en nette diminution.
Le ministre Bolduc reconnaît toutefois qu'il reste un problème de taille, soit la difficulté à recruter des médecins de famille. Il affirme travailler sur cet enjeu et soutient que la situation s'améliorera dans les prochaines années.
Il cite notamment la Coop santé Aylmer, qu'il a visitée, et qui a des projets de recrutement et d'agrandissement.
Le ministre a d'ailleurs l'intention de faire la promotion de ce mode de travail auprès du CSSS de Gatineau.
Il soutient également la venue des infirmières praticiennes spécialisées qui « appuient les médecins dans leur travail et permettent d'avoir une meilleure accessibilité, surtout auprès des personnes âgées et des maladies chroniques. »
Québec a l'intention de former 500 de ces infirmières au cours des sept prochaines années.
Yves Bolduc a déclaré qu'en 2016, la pénurie de médecins de famille sera derrière nous. Il estime que cette affirmation est réaliste pour l'Outaouais. Selon lui, pour attirer des médecins de famille dans la région, il faut les former ici.
Par ailleurs, le ministre Bolduc estime qu'il y a trop de patients âgés dans les urgences. Il avance qu'il faut s'attaquer à ce problème en bonifiant les soins à domicile et en effectuant un meilleur tri des patients qui ont besoin de soins spécialisés.
Bien des urgences sont aussi occupées par des gens qui vivent avec un problème de santé mentale.
L'année dernière, lors d'un passage à Gatineau, le ministre Bolduc s'était engagé à régler cette situation, dans la foulée de la fusion du Centre hospitalier Pierre-Janet avec le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Gatineau.
Tout en reconnaissant que l'enjeu n'est pas réglé, le ministre Bolduc soutient qu'il y a des améliorations. Il demande à la population d'être patiente puisqu'il faut instaurer une nouvelle façon de faire. Selon lui, la situation se sera déjà améliorée dès l'automne.
Yves Bolduc a également réagi à la facturation de la part des ambulanciers d'Ottawa qui viennent régulièrement épauler leurs collègues de Gatineau.
La Ville d'Ottawa exige désormais à l'Agence de santé et des services sociaux de l'Outaouais 1000 $ pour chacune des interventions, lesquelles seront plafonnées à 100 $ par année.
Le ministre Bolduc estime que les régions doivent s'entraider, même s'il faut viser l'autosuffisance. Il refuse cependant de confirmer que l'Outaouais a besoin d'une nouvelle ambulance, comme l'a demandé l'Agence de santé.
Il espère pouvoir trouver une solution avec Ottawa pour assurer les services ambulanciers.
Le CSSS de Gatineau cumule un déficit de plusieurs dizaines de millions de dollars. Un accompagnateur avait d'ailleurs été nommé pour déterminer si l'organisme était bel et bien sous-financé, comme ses dirigeants le maintiennent depuis des années.
Le ministre Bolduc soutient que la situation financière s'améliore. Il se dit même satisfait des dépenses effectuées.
Les états financiers 2011-2012 seront déposés prochainement au conseil d'administration du CSSS de Gatineau.


