Les Roumains ont commencé à se rendre aux urnes dimanche pour se prononcer sur la destitution de leur président, Traian Basescu. Le vote, crucial, pourrait mettre fin à trois mois de crise politique aiguë.
Les Roumains devront répondre à la question : « Êtes-vous d'accord avec la destitution du président Traian Basescu? »
Le président de centre droit a été suspendu temporairement de ses fonctions il y a trois semaines par la majorité de centre-gauche au parlement. Devenu impopulaire pour avoir soutenu des mesures d'austérité, Traian Basescu est accusé de népotisme et de favoritisme.
Si le « oui » l'emporte et que le taux de participation minimal est atteint, la suspension du chef d'État deviendra définitive et une nouvelle élection présidentielle sera organisée, sans que le président déchu puisse y participer.
Les derniers sondages montrent qu'une majorité de 65 % des électeurs est en accord avec la destitution de Basescu.
Ce dernier avait déjà survécu à un référendum de destitution en 2007. Il a été réélu en 2009, mais une cure d'austérité draconienne administrée en 2010 a mal été digérée par la population.
« Il n'a fait que du mal à ce pays, il a réduit les salaires, augmenté les taxes sur les retraites. Il s'est attaqué aux petites gens comme nous au lieu de prendre chez les riches », a déploré Dumitru Cristea, un retraité en sortant du bureau de vote au centre de Bucarest.
Le résultat de ce référendum sera suivi de près par l'Union européenne, inquiète devant les méthodes employées par les opposants de Basescu. D'autant plus que le référendum a retardé l'accord en vue d'une aide financière de 5 milliards d'euros en négociation avec le Fonds monétaire international (FMI).
La Cour constitutionnelle se prononcera sur la validité du référendum, peut-être dès lundi.
Si l'impopularité de M. Basescu semble cristallisée, sa destitution n'est pas encore chose faite.
En ce dimanche de vacances, rien ne garantit que le taux minimal de participation requis soit atteint. Le référendum ne sera valide que si plus de la moitié des 18,3 millions d'électeurs se rendent aux urnes.
Afin de favoriser la participation, les bureaux de vote seront ouverts pendant une durée exceptionnelle de 16 heures. Des bureaux supplémentaires seront aussi ouverts sur le littoral de la Mer noire, où de nombreux Roumains passent leurs vacances.
De leur côté, les sympathisants du président Basescu ont appelé au boycottage, qualifiant le scrutin de « mascarade électorale ». Ils disent en outre craindre des fraudes.
Les Libéraux démocrates (conservateurs), principal parti d'opposition, ont eux aussi demandé à leurs électeurs de ne pas se prononcer dans ce référendum.
« Moi, je vais voter non à la destitution même si Basescu n'est pas parfait, car je suis très inquiète de voir ce que fait la majorité de centre-gauche. Ils ont violé beaucoup de règles pour cette destitution. Ils ont changé toute l'administration avec des gens qui leur sont proches, c'est inquiétant », dit Maria, une fonctionnaire retraitée. La dame a préféré demeurer anonyme « dans ce climat très polarisé ».
Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters


