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    Rio+20 : une centaine de dirigeants réunis au Brésil

    La Conférence des Nations unies sur le développement durable, Rio+20, s'est amorcée mercredi à Rio de Janeiro, au Brésil, en présence d'une centaine de chefs d'État et de gouvernement réunis.

    Ce volet « politique » du sommet qui durera jusqu'à vendredi a pris son envol en présence du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon et de la présidente du Brésil, Dilma Rousseff.

    Le premier ministre du Québec, Jean Charest, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, ainsi que le porte-parole de l'opposition officielle, Scott McKay, sont notamment sur place pour participer à la conférence.

    Il s'agit d'un sommet anniversaire, puisqu'il y a 20 ans, l'ONU avait organisé un premier grand sommet sur l'environnement et l'économie au même endroit. Jean Charest était à l'époque ministre fédéral de l'Environnement et chef de la délégation canadienne.

    M. Charest s'est dit heureux de revenir sur les lieux 20 ans après. Selon lui, il faut reprendre les engagements de la première Conférence de Rio et les poursuivre. Il faut notamment que les chefs d'État s'engagent pour « décarboniser » l'économie et aller vers des énergies renouvelables.

    Le premier ministre ne peut toutefois pas prendre la parole sur la tribune de l'assemblée, puisqu'il n'est pas représentant d'un État indépendant membre des Nations unies.

    Depuis près d'une semaine, des dizaines de milliers de délégués gouvernementaux et d'organisations internationales sont réunis pour prendre part aux conférences et aux activités entourant Rio+20.

    Réserve marine

    Le président des Maldives, Mohamed Waheed, a annoncé que d'ici cinq ans, son pays serait le premier État à devenir une réserve marine. Les quelques 1200 îles du pays sont parmi les plus menacées par la montée des eaux dûe au réchauffement climatique. La pêche industrielle sera interdite dans les eaux des Maldives et l'exploitation minière sera aussi prohibée.

    Lire aussi Conférence de Rio : changer la manière dont on pense l'économie, le texte de notre envoyé à Rio de Janeiro, Étienne Leblanc.

    Un projet de déclaration finale déjà adopté

    Avant même l'arrivée des chefs d'État et de gouvernement au Brésil, les négociateurs des 193 pays représentés à Rio ont adopté à l'unanimité mardi un projet de déclaration finale du sommet.

    Le document, qui est déjà critiqué pour son manque d'ambition et décrit comme un échec total par plusieurs observateurs européens et environnementalistes, devrait être signé vendredi par les chefs d'État et de gouvernement, au dernier jour de la Conférence.

    Selon le premier ministre québécois, les circonstances et les turbulences économiques actuelles peuvent en partie expliquer ce manque d'audace des pays signataires.

    « Le contexte était plutôt mal choisi avec la crise financière. Aussi, quatre pays du Conseil de sécurité de l'ONU sont en transition de gouvernement. Cela n'aide pas à concentrer les efforts vers un événement comme celui-ci », a-t-il indiqué.

    Il se réjouit néanmoins de la reconnaissance du rôle des États fédérés, comme le Québec, les provinces, les États américains et les gouvernements régionaux dans les efforts de réduction des gaz à effet de serre (GES).

    « Depuis des années, le Québec se bat. Nous avons été des leaders dans les forums internationaux là-dessus. Nous avons aujourd'hui une reconnaissance [...] qui est incontournable, car 60 à 80 % du travail de mise en oeuvre des ententes internationales relève de nous (les États fédérés). Il y a un gain important pour le Québec, je m'en réjouis », a-t-il affirmé.

    De nombreux absents

    Vingt ans après le Sommet de la Terre, la conférence doit être l'occasion pour les dirigeants de discuter des moyens à entreprendre pour mettre en oeuvre le développement durable, ainsi que de s'engager en faveur de l'éradication de la pauvreté et de la préservation de la planète.

    Mais à l'exception du président français François Hollande, la conférence a lieu sans les chefs d'État et de gouvernement de plusieurs grandes économies, notamment le président américain Barack Obama, la chancelière allemande Angela Merkel, le président russe Vladimir Poutine et les premiers ministres britannique et canadien, David Cameron et Stephen Harper.

    Le premier ministre canadien est représenté à Rio par son ministre de l'Environnement, Peter Kent. Signe du peu d'importance accordée par le Canada à la protection de l'environnement, selon le porte-parole d'Équiterre, Steven Guilbeault.

    D'autres groupes environnementalistes accusent d'ailleurs le Canada d'avoir voulu affaiblir l'accord signé mardi, entre autres en s'opposant à une entente sur la biodiversité en haute mer.

    Radio-Canada.ca avec AFP et PC