Le Sommet Rio+20 sur le développement durable s'est terminé vendredi à Rio de Janeiro sur une note discordante, certains observateurs dénonçant le manque d'engagements fermes de la part des pays participants et d'autres soutenant que la signature d'un accord commun était déjà une victoire.
Baptisé en l'honneur du 20e anniversaire du Sommet de la Terre, qui avait été l'occasion en 1992 d'établir les bases d'un effort mondial pour protéger l'environnement, l'événement tenu dans la capitale brésilienne a produit une entente remplie de bonnes intentions, mais contenant très peu d'engagements fermes et n'imposant ni échéanciers, ni objectifs chiffrés.
Depuis jeudi, il y a eu peu d'évolution dans les négociations. Le texte de la déclaration finale avait été adopté mardi par les diplomates.
Quelques délégations et la majorité des groupes environnementaux ont dit être déçus du résultat, surtout que l'événement devait au départ compenser le fait que la plupart des engagements pris il y a 20 ans n'avaient pas été tenus.
En dépit des critiques, les leaders ont choisi de ne pas retoucher à l'entente.
Le ministre canadien de l'Environnement, Peter Kent, s'est dit satisfait de la Conférence des Nations unies sur le développement durable.
« Nous sommes prêts à jouer notre rôle », a-t-il déclaré vendredi dans le discours officiel du Canada. « Le résultat est évident : il n'y a aucune solution universelle pour promouvoir la durabilité à l'échelle mondiale; seules des actions concertées pourront nous aider à atteindre nos objectifs communs. »
M. Kent a également fait l'éloge des efforts des provinces pour protéger l'environnement, citant notamment en exemple le Plan Nord québécois. Le ministre a demandé aux négociateurs du sommet de l'ONU de reconnaître les particularités de chaque État comme la géographie ou le climat.
Le Canada a été blâmé au cours de ce sommet. On a notamment dénoncé son refus d'appuyer une gouvernance mondiale de l'environnement, ou de s'engager à abolir les subventions aux énergies fossiles.
« Le Canada est méconnaissable », affirme Kumi Naidoo, dirigeant de Greenpeace International, très influent auprès des écologistes. « Il est coupable d'avoir bloqué les négociations », ajoute-t-il.
Le milliardaire anglais Richard Branson, présent à Rio, n'est pas plus tendre. Il milite pour la protection de l'Arctique, un dossier qu'il connaît sur le bout de ses doigts.
Steven Guilbeault d'Équiterre dénonce de son côté le manque de leadership du Canada. « Tout ce qu'on entend, c'est que le Canada s'est joint aux États-Unis pour bloquer tel enjeu, le Canada s'est joint au Japon pour bloquer telle autre chose, le Canada s'est joint à l'Australie ou même à l'Arabie saoudite pour bloquer l'entente sur les subventions aux combustibles fossiles », a dit le vétéran des rencontres internationales.
Jeudi, Peter Kent avait accusé certains groupes écologistes de ne pas donner l'heure juste pour des raisons idéologiques. « Il y a beaucoup de désinformation », avait-il déclaré. Le ministre soupçonne les environnementalistes, de même que des concurrents en matière de ressources naturelles, de s'attaquer au Canada « pour favoriser leurs propres intérêts ».
La Conférence des Nations unies rassemblait des délégations de 193 pays pour discuter des enjeux de développement durable, tels que la protection des océans et l'aide aux nations démunies pour l'utilisation d'énergies renouvelables et la protection des forêts.
Avec des informations d'Étienne Leblanc, envoyé spécial à Rio de Janeiro
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Radio-Canada.ca avec PC


