Une montagne d'occasions ratées, des nerfs agacés, de la frustration accumulée. Tout ça est maintenant derrière Marco Di Vaio. L'attaquant a inscrit son premier but avec l'Impact, un immense point d'exclamation dans une victoire de 3-1 sur les Red Bulls de New York, samedi, au stade Saputo.
549 minutes : c'est le temps qu'aura pris Di Vaio pour agiter ses premiers cordages en MLS. La libération est venue après une première demie aux contours trop familiers pour l'attaquant. Quelques occasions franches pour de nombreuses occasions gâchées, surtout par des hors-jeu, qu'il a collectionnés.
C'est Justin Mapp qui a mis fin à sa sécheresse à la 48e minute, en le dégageant à l'entrée de la surface new-yorkaise. Di Vaio a eu tout le temps pour penser à ce qu'il allait faire. Il a choisi une frappe croisée de la gauche, au sol. Elle s'est arrêtée dans le petit filet, à la gauche de Bill Gaudette, qui n'a pu que l'observer.
Le but était immense, les célébrations l'étaient tout autant. Les 19 441 spectateurs entassés au stade Saputo, dont les guichets étaient fermés pour une première fois en MLS, ne les ont qu'amplifiées.
« Finalement, finalement! a lancé Di Vaio après le match, pour redevenir aussitôt un homme de peu de mots. C'était un grand match, on a très bien joué. »
Jesse Marsch a été plus loquace sur la performance de son joueur. « Je suis content pour lui, a dit l'entraîneur-chef. Son engagement a toujours été excellent, il a toujours donné du relief à l'équipe. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il marque. Il lui faut maintenant aller de l'avant et empiler les buts. »
« On est content pour lui, mais il n'y avait aucun doute sur ses qualités, a ajouté le défenseur Hassoun Camara. Le compteur est maintenant ouvert. C'est bon pour lui et pour nous. »
C'est avec les buts qu'un attaquant nourrit sa confiance. Di Vaio en a fait le plein contre les Red Bulls. Le moment ne pourrait être mieux choisi parce que la semaine prochaine, l'attaquant se rendra en Italie pour comparaître dans le scandale de matchs truqués. On lui reproche de ne pas avoir dénoncé des fraudes sportives.
Son premier but en MLS jette-t-il du baume sur des plaies? Pas du tout, insiste le joueur.
« C'était un grand match ce soir, et la prochaine sera aussi une grande semaine. Ce n'est pas facile, mais je ne suis pas inquiété. Je sais que je n'ai rien fait. »
Le but de Di Vaio n'était que la première étincelle d'un feu montréalais. C'est Davy Arnaud qui l'a rallumé. À la 50e, le capitaine a été lancé en échappée par une passe lumineuse de Felipe et a attendu le bon moment pour tirer. Gaudette a encore grincé des dents en regardant derrière lui.
En avance 2-0, l'Impact n'avait qu'à gérer les dernières minutes, ce qu'il a fait. Mais il y a eu une frayeur. Elle s'appelait Thierry Henry. À la 57e, l'attaquant français a rappelé une règle élémentaire du soccer : ne jamais le laisser seul dans une surface. Après avoir accepté un centre de Joel Lindpere, il a eu tout le temps pour tourner Donovan Ricketts en ridicule et réduire l'écart à 2-1.
Les Henry et autres Kenny Cooper n'ont eu rien d'autre à se mettre sous la dent. Pour L'Impact (8-13-3), la table a toujours été bien garnie. À la 64e, Felipe pensait bien tenir le troisième but montréalais, mais sa frappe s'est écrasée sur la transversale du but de Gaudette.
C'est Sanna Nyassi qui a mis K.-O. les meneurs de l'Est à la 74e. D'un habile crochet, l'attaquant gambien a déjoué Gaudette avant d'enfoncer son ballon dans une cage déserte.
Di Vaio a donné une saveur italienne au match. Idem pour Alessandro Nesta, qui vivait son baptême de feu en MLS. Le défenseur l'a réussi avec ce qui a fait sa renommée, soit une vision du jeu hors du commun, une aisance en duels aériens et cette capacité à diriger la circulation et à sortir LE tacle décisif.
Dans ses plans, Marsch ne prévoyait pas donner 90 minutes à Nesta. Mais le vétéran s'est rendu indispensable, comme il l'a été partout où il est passé.
« C'est un vrai joueur, par sa façon de jouer, par son leadership, par sa façon de communiquer. Je n'en ai pas vu beaucoup comme lui avant. Depuis le début de sa carrière, il rend meilleurs les joueurs autour de lui. Il a peut-être eu de petites hésitations entre la 55e et la 60e minute, mais je ne voulais pas le retirer. »
- Thierry Henry, lorsqu'interrogé sur les qualités de l'Impact par Doug McIntyre d'ESPN, a été très élogieux à l'endroit de Patrice Bernier : « Tout le monde parle de Di Vaio et de Nesta, mais la clé pour cette équipe, c'est Patrice Bernier, et de loin », peut-on lire sur le compte Twitter de McIntyre.
- L'Impact jouera son prochain match contre l'Union de Philadelphie (6-10-2), samedi, au stade Saputo.


