La tension reste toujours forte entre l'Alberta et la Colombie-Britannique qui ne s'entendent pas sur le partage des revenus du projet de pipeline Northern Gateway d'Enbridge.
Les premiers ministres des provinces et territoires réunis à Halifax pour une troisième journée vendredi discuteront de la création d'une stratégie nationale de l'énergie.
Alors que la pétrolière de Calgary a proposé des améliorations sécuritaires à son projet, la première ministre britanno-colombienne, Christy Clark, a indiqué jeudi qu'elle aimerait voir Enbridge s'inspirer de la Norvège pour améliorer la sécurité du pipeline.
La Norvège a mis en place un système de mesures de sécurité considéré comme l'un des plus stricts au monde, selon Christy Clark.
L'organisme de surveillance indépendant de l'industrie pétrolière en Norvège indique, sur son site Internet, que les risques de déversement peuvent être contrôlés grâce à la formation appropriée des employés, des installations de qualité et des normes strictes de sécurité.
L'opposition au projet Northern Gateway reste forte chez les Premières Nations de la Colombie-Britannique.
Une coalition de cinq peuples autochtones dont le territoire correspond à 25 % des terres traversées par le pipeline Nothern Gateway dénonce l'ouverture de Mme Clark à négocier une entente pour la construction du pipeline.
Selon l'Alliance Yinka Dene, la première ministre devrait tout simplement refuser d'approuver le projet qui met en danger l'intégrité de leurs terres.
Cette alliance, qui comprend les réserves Nadleh Whut'en, Nak'azdli, Takla Lake, Saik'us et Wet'suwet'en, et plus d'une centaine d'autres Premières Nations ont signé la déclaration Sauvez le Fraser qui exige leurs propres lois autochtones pour passer une interdiction de pipelines et pétroliers dans tout le bassin hydrographique de la rivière Fraser et sur les trajets de migration du saumon rouge.
« Vous ne pouvez pas mettre un prix sur notre avenir. Le travail commercial de la première ministre montre à quel point elle nous a peu écoutés. Cela devrait être très clair pour elle maintenant que le pipeline ne sera pas construit », a déclaré le chef de la Première Nation Nadleh Whut'en, Martin Louie.
Le gouvernement de la Colombie-Britannique a annoncé en début de semaine ses cinq conditions pour donner son aval au projet de pipeline qui transporterait du pétrole brut de l'Alberta à la Colombie-Britannique.
Cette requête l'a placée dans une situation conflictuelle avec la première ministre de l'Alberta, Alison Redford, qui s'oppose fermement à sa position sur le projet.
Parmi ces conditions, la province a indiqué que le projet devait satisfaire à la loi en ce qui a trait aux Premières Nations, à leurs droits territoriaux, à leur participation et à leur consultation lors de tels projets.
Cependant, la majorité des Premières Nations de la Colombie-Britannique ont rejeté catégoriquement le projet.
« La première ministre se produit en spectacle parce qu'elle est sous pression politique et a besoin de votes, mais ses actions ont des conséquences très réelles pour nous ici sur la terre. C'est avec nos vies et le bien-être de nos familles qu'elle joue », a déclaré le chef tribal du Carrier Sekani Tribal Council, Terry Teegee.
Le chef Louie ajoute que Mme Clark a admis elle-même que la Colombie-Britannique assumait 100 % des risques liés au port pétrolier et à la circulation de pétroliers au large de ses côtes. « Ce projet n'est pas dans le meilleur intérêt du Canada ni du nôtre », affirme-t-il.


