La Ville de Montréal prévoit adopter la semaine prochaine, à la demande de son service de police, une modification du règlement municipal sur les commerces de prêts sur gage. Le changement vise à y inclure des revendeurs itinérants et à contrôler davantage la vente d'objets à domicile, pour prévenir le vol.
Depuis 2009, les prêteurs sur gages qui ont pignon sur rue à Montréal doivent systématiquement transmettre les détails de leurs transactions à la police.
Or, au moins une entreprise échappe à ce contrôle en fonctionnant essentiellement par téléphone ou par Internet. Elle offre d'acheter comptant sur la rue ou à domicile des objets de valeur comme des bijoux ou appareils électroniques.
L'inspecteur Guy Ouellet, du Service de police de la Ville de Montréal, affirme que l'entreprise est enregistrée en bonne et due forme, mais que son fonctionnement peut attirer les voleurs. « Ça peut être légitime, mais ça peut quand même faciliter le travail à des voleurs de subtiliser des objets et juste d'avoir à appeler à ce téléphone-là et un courrier arrive avec de l'argent en main sans qu'il soit vérifié par les services de police », explique-t-il.
L'inspecteur Ouellet affirme que des cartes professionnelles de l'entreprise en question circulent chez des toxicomanes au centre-ville. Il signale aussi que les prêteurs sur gages traditionnels font pression sur la police devant cette nouvelle forme de compétition.
« Les gens qui opèrent des commerces de prêts sur gage, nous disent je ne comprends pas : vous me rencontrez, vous me visitez, j'ai une réglementation sévère à respecter et eux se présentent chez les gens, ou donnent de l'argent, on ne comprend pas pourquoi [...] ils repartent avec des objets, on ne comprend pas pourquoi », dit-il.
Le SPVM affirme avoir retracé entre autres sept violons volés d'une valeur d'environ 180 000 $, l'été dernier, grâce à son système d'enregistrement électronique Web brocanteur.
D'après un reportage de Benoît Chapdelaine







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