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    Premier discours d'Aung San Suu Kyi au Parlement birman

    Lors de sa première prise de parole devant le Parlement du Myanmar, la chef de file de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi a lancé mercredi un appel à la protection des droits des minorités ethniques du pays.

    « Pour devenir une véritable Union démocratique (...), avec des droits égaux et un respect mutuel, j'appelle tous les membres du Parlement à discuter de la mise en place des lois nécessaires pour protéger les droits égaux des groupes ethniques », a-t-elle déclaré.

    La lauréate du prix Nobel de la paix a pris la parole en soutien à une proposition de Loi sur la protection des droits des minorités ethniques, déposée par un député du parti au pouvoir, le Parti pour la solidarité et le développement de l'union (USDP).

    Considérée par certains comme appartenant à l'élite de l'ethnie majoritaire birmane, l'opposante fait face depuis longtemps à une certaine méfiance de la part des minorités ethniques, qui représentent un tiers des 60 millions d'habitants du Myanmar.

    Elle tente donc depuis plusieurs mois de parler d'une voix unificatrice, disant vouloir « donner plus de droits » à ces minorités.

    Lauréate du prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi est entrée en politique en 1988, devenant rapidement l'une des dissidentes les plus connues de la planète. Le départ de la junte militaire en mars 2011 lui a permis de réintégrer l'arène politique légale après avoir passé 15 années en détention depuis 1989.

    Le nouveau gouvernement civil demeure largement contrôlé par les militaires, mais il multiplie les gestes d'ouverture, notamment en entamant des négociations avec les groupes rebelles des minorités ethniques, qui n'ont jamais pacifié leurs relations avec le pouvoir central depuis l'indépendance du pays en 1948.

    Aung San Suu Kyi a été élue députée avec une forte majorité lors des élections législatives partielles du 1er avril dernier. L'opposante birmane avait d'abord refusé de prêter serment, puis était revenue sur sa décision de bouder l'assermentation afin d'éviter une impasse avec le régime du président Thein Sein, son premier choix politique majeur à titre de députée.

    La chef de file de l'opposition a siégé pour la première fois à la chambre basse du Parlement il y a deux semaines, mais n'avait pas encore pris la parole devant les députés.

    Radio-Canada.ca avec AFP