Les candidats à la présidence du Mexique n'ont pas pu, dans leur campagne, ignorer la violence qui met à feu et à sang une bonne partie du nord du pays.
Mais aucun n'a vraiment expliqué comment il s'y prendrait pour y mettre un terme puisque le président sortant Felipe Calderon n'a pas réussi à « gagner » sa guerre au narcotrafic.
Le poète Javier Sicilia est devenu le porte-parole des victimes de la violence dans une bonne moitié du Mexique.
Depuis l'assassinat de son fils et de six de ses amis, à la tête du mouvement Paix Justice et Dignité, il demande au gouvernement d'aider les familles des victimes et surtout de mettre un terme à sa guerre à outrance aux narcotrafiquants qui a fait en cinq ans plus de 50 000 morts, 20 000 disparus.
Il a rencontré les trois principaux candidats à la présidence. Il leur a demandé ce qu'ils feraient de mieux, de différent s'ils étaient présidents.
La candidate du gouvernement sortant, Josefina Vasquez Mota, du PAN, s'est excusée pour les bavures commises par l'armée.
Enrique Peña Nieto du PRI, en tête dans les sondages, a promis qu'il ferait un usage de la force selon des protocoles très rigoureux.
Andres Manuel Lopez Obrador du PRD, de gauche, a promis des programmes sociaux.
Aucune proposition nouvelle pour Javier Sicilia qui y a vu un manque de courage.
L'armée restera donc dans les rues des états affectés par la violence issue du narcotrafic. La guerre va se poursuivre, à moins que le futur président ait une stratégie vraiment nouvelle.
D'après le reportage de Jean-Michel Leprince au Mexique.


