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    Mexique : Enrique Peña Nieto donné vainqueur après recomptage

    Le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) Enrique Peña Nieto est le vainqueur de l'élection présidentielle du 1er juillet au Mexique avec 38,21 % des voix, a annoncé vendredi l'Institut fédéral électoral après recomptage partiel des urnes.

    Andrés Manuel Lopez Obrador, du Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche), recueille 31,59 % des suffrages, tandis que Josefina Vazquez Mota du Parti d'action nationale (droite), la formation du président sortant Felipe Calderon, a obtenu 25,41 %.

    Ces résultats ont été annoncés après une opération de recomptage portant sur 78 012 des 143 000 urnes utilisées lors du scrutin, en raison d'incohérences constatées lors du décompte préliminaire du scrutin. M. Lopez Obrador a refusé de reconnaître les résultats, dénonçant des fraudes et l'achat de votes par le PRI. Il avait appelé à un recomptage complet.

    Les soupçons d'achat de votes à grande échelle sont alimentés par les images des nombreux clients qui se sont précipités dans les supermarchés de la chaîne Soriana, depuis le début de la semaine, pour échanger les cartes-cadeaux prépayées qui leur auraient été offertes par le PRI. Plusieurs clients ont déclaré aux journalistes qu'ils avaient dû remettre une photocopie de leur carte d'électeur pour obtenir une carte-cadeau. Le PRI a démenti toute malversation.

    Le Parti révolutionnaire institutionnel (centregauche) a dominé la vie politique mexicaine pendant 70 ans, de 1929 à 2000, avant d'être évincé cette année-là par le Parti d'action nationale (PAN, droite), la formation du président sortant Felipe Calderon.

    Quelque 79,4 millions d'électeurs ont été appelés aux urnes le 1er juillet pour choisir leur président, 500 députés de la chambre basse du Congrès, 128 sénateurs, ainsi que les gouverneurs de six États et les maires de plusieurs villes, dont Mexico. Le président est élu pour un mandat non renouvelable de six ans, lors d'un scrutin à un tour, à la majorité simple.

    Durant toute sa campagne électorale, Enrique Peña Nieto, 45 ans, a souligné incarner un nouveau PRI, ayant renoncé à ses veilles pratiques de corruption, fraude électorale, clientélisme et gouvernance autoritaire. « Nous sommes une nouvelle génération. Il n'y a pas de retour au passé », a-t-il assuré lors de son discours dimanche soir.

    Le résultat du scrutin présidentiel doit à présent être certifié, en septembre, par le Tribunal fédéral électoral. Cette instance a refusé par le passé d'invalider des scrutins contestés, dont l'élection présidentielle de 2006.

    Battu de peu en 2006 par Felipe Calderon, M. Lopez Obrador avait alors refusé de reconnaître sa défaite, dénonçant des fraudes électorales. Il avait organisé des manifestations massives qui avaient paralysé pendant plusieurs semaines la capitale Mexico dont il est un ancien maire.

    Si Josefina Vazquez Mota, de son côté, ne conteste pas le résultat des élections du 1er juillet, elle a demandé à la commission électorale « un examen détaillé des dépenses de campagne qui, à l'évidence, ont dépassé les limites légales, ce qui était également associé à des achats de voix ». Selon la candidate du PAN, « il y a eu clairement dans cette élection des iniquités qui ont eu un effet décisif sur les résultats du vote ».


    Associated Press