Des membres de la communauté chinoise de Vancouver ont qualifié « d'immoraux » les actes du Parti libéral de la Colombie-Britannique à la suite de la fuite d'un document étalant les plans du parti pour courtiser le vote ethnique en prévision des élections provinciales de mai.
Mardi, la première ministre Christy Clark a présenté ses excuses pour les propos tenus dans ce document sur les « stratégies multiculturelles » du Parti libéral.
Ce document fait état de moyens pour inciter les électeurs des communautés multiculturelles à voter libéral en présentant, par exemple, des excuses pour les torts historiques commis par Victoria.
Le président de la Société canadienne pour la réconciliation, Bill Chu, affirme qu'il ne peut pas accepter les excuses de Christy Clark.
« Il est éviden,t vu les propos tenus dans ce document, qu'ils veulent manipuler notre communauté, et pas seulement notre communauté, mais toutes les communautés multiculturelles », a déclaré Bill Chu lors d'un point de presse vendredi.
« Le manque de respect y est évident d'un couvert à l'autre », ajoute-t-il.
D'autre part, la première ministre Christy Clark a annoncé vendredi par voie de communiqué qu'elle avait donné à son sous-ministre, secrétaire de cabinet et chef de la fonction publique, John Dyble, le mandat d'examiner le document.
Celui-ci devra établir si des ressources gouvernementales ont été utilisées de façon inadéquate et s'il y a eu infraction à la loi sur les services publics. Son rapport sera rendu public.
L'opposition néo-démocrate a demandé, par souci d'impartialité, que John Dyble soit remplacé, car il travaille au Bureau de la première ministre.
Le document a été rendu public mercredi par le Nouveau Parti démocratique qui en avait obtenu copie.
En janvier, le document avait été envoyé du compte de courriel d'un membre haut placé du bureau de la première ministre.
Christy Clark a déclaré qu'elle ignorait qui avait créé le document controversé.
Selon Bill Chu, bien que le gouvernement fédéral se soit excusé officiellement en 2006 d'avoir exclu systématiquement les immigrants chinois du Canada, le gouvernement provincial n'a pas encore admis sa participation à cette pratique d'exclusion.
Les Chinois de la Colombie-Britannique ont longtemps été traités inéquitablement. Une fois la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique terminée en 1885, le gouvernement britanno-colombien a demandé à Ottawa d'adopter des lois pour limiter l'immigration chinoise. La province recevait également la moitié de la taxe d'entrée imposée aux immigrants chinois à certaines époques.
Bill Chu note que les torts envers la communauté chinoise et d'autres communautés culturelles de la province, telles que les Premières Nations, se poursuivent. Il souligne qu'encore aujourd'hui, des sites patrimoniaux sont partiellement détruits par l'exploration minière et la construction.

