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    Pakistan : mandat d'arrêt contre le nouveau premier ministre

    Quelques heures après sa nomination à la tête du gouvernement pakistanais, le premier ministre Makhdoom Shahabuddin fait l'objet d'un mandat d'arrêt émis par la justice. Ce mandat est lié à des accusations d'importations illégales de drogue qu'aurait effectuées M. Shahabuddin alors qu'il était ministre de la Santé en 2010.

    Le juge Shafqatullah Khan a également lancé un mandat d'arrêt contre Ali Musa Gilani, fils de l'ancien premier ministre Yousuf Raza Gilani, destitué mardi de son poste par la Cour suprême.

    Un enquêteur des services antidrogues pakistanais a affirmé jeudi devant le tribunal que les preuves produites par les deux accusés n'avaient pas convaincu les enquêteurs de leur innocence. « Nous voulons qu'ils soient arrêtés pour enquêter plus en détail », a-t-il ajouté.

    Le président pakistanais Asif Ali Zardari avait choisi dans la nuit de jeudi à vendredi son ministre du Textile, Makhdoom Shahabuddin, pour succéder au premier ministre Gilani. Cette désignation devait être entérinée par le Parlement vendredi, mais avec le mandat d'arrêt lancé par la justice, la nomination du premier ministre semble compromise.

    En nommant un nouveau premier ministre, le chef de l'État semble vouloir éviter la confrontation avec l'appareil judiciaire. Des responsables du Parti du peuple pakistanais (PPP) au pouvoir avaient évoqué la possibilité que M. Gilani soit remplacé rapidement pour éviter une grave crise avec la justice et une paralysie de l'État.

    Youssouf Raza Gilani démis de ses fonctions

    Youssouf Raza Gilani a été condamné en avril pour avoir refusé de rouvrir des poursuites pour corruption contre le président Asif Ali Zardari. Selon les termes de la Constitution pakistanaise, une personne reconnue coupable d'avoir porté atteinte à l'honneur de la justice peut être empêchée de siéger au Parlement, condition sine qua non pour être premier ministre.

    La Cour suprême réclame la réouverture de poursuites contre le président Zardari pour des détournements présumés de fonds publics de l'ordre de 12 millions de dollars en compagnie de son épouse, Benazir Bhutto, alors qu'elle était première ministre (1988-90 et 1993-96), et d'un de ses ministres.

    La décision de la Cour suprême porte un coup au président Zardari, au pouvoir depuis 2008, et pourrait selon certains observateurs provoquer des élections législatives anticipées avant le début de 2013, date prévue du prochain scrutin.

    Radio-Canada.ca avec Reuters et Al-Jazeera