Trois manifestants ont été tués, et une vingtaine d'autres, blessés mardi dans la région de Cajamarca, dans le nord du Pérou, lors d'affrontements entre les forces de sécurité du gouvernement et des opposants au projet d'aménagement de la mine d'or de Conga.
L'état d'urgence a dû être « décrété dans les provinces de Celendin, de Hualgayoc et de Cajamarca », a annoncé le ministre péruvien de la Justice, Juan Jimenez, à la suite des échauffourées.
Plus de 1000 personnes qui manifestaient contre le projet de Conga ont jeté des pierres sur des bâtiments en reprochant au maire de Celendin, Mauro Aertega, d'être favorable au chantier de la société américaine Newmont. Les forces de l'ordre ont répliqué à coups de grenades lacrymogènes pour disperser la foule.
L'état d'urgence avait également dû être décrété à la fin 2011, lorsque la province avait été en partie paralysée par une série de manifestations et de blocages de routes contre ce projet évalué à 4,8 milliards de dollars, le plus gros investissement minier du pays.
L'aménagement de la mine devant sacrifier quatre lacs-réservoirs au profit de lacs artificiels, les opposants redoutent l'impact qu'elle pourrait avoir sur les ressources en eau de la région.
Le projet de Conga, qui doit voir le jour d'ici 2014, avait été approuvé par le gouvernement de l'ancien président, Alan Garcia, en 2010, puis soutenu par son successeur, Ollanta Humala, qui a néanmoins insisté sur la préservation de l'environnement.
Lorsqu'il a été investi dans ses nouvelles fonctions de président il y a un an, il avait d'ailleurs averti que les entreprises minières devraient se montrer respectueuses des droits de la personne et environnementaux si elles souhaitaient poursuivre leurs activités.
Le mois précédent, une minière canadienne avait perdu son permis d'exploitation d'une mine d'argent dans le sud-est du pays après des semaines d'affrontements avec la population locale.
Radio-Canada.ca avec AFP


