Le groupe Gnawa Diffusion a inauguré mercredi le Festival Nuits d'Afrique au Métropolis, à Montréal. Le ton était donné dès les premières secondes. À peine arrivée sur scène, une dame offre à Amzigh Kateb, le leader du groupe, un carré rouge. Il l'accroche sans broncher à son gumbri, une basse africaine à trois cordes, et dit : « le carré rouge est un avertissement aux dirigeants ». Et c'est parti.
Trois heures durant, le public, très métissé, a eu droit à un bouquet condensé des vingt ans de carrière du groupe. Et quelques nouveautés.
Chanson après chanson, la révolution se mêle à l'amour et le reggae rencontre le chaâbi, cette musique d'Alger.
Le public, connaisseur, démarre au quart de tour. Dès les premières notes, les spectateurs entament la chanson, parfois avant le chanteur. Ce qui a fait dire au guitariste du groupe : « Nous vous recrutons comme choristes pour notre tournée ». Le public est ravi et en redonne.
Le souvenir de l'Algérie, avec ses douleurs et ses déchirements, planait dans la salle. Mais pas seulement. Il était aussi question de Palestine, d'Afrique, d'extrémisme, de tyrans et de lutte.
La dernière chanson, autour de minuit, intitulée Timimoun-Timbouctou a été dédiée à la population du Mali qui vit des moments dramatiques.
La veille du concert, Amazigh Kateb nous avait accordé une entrevue. À écouter ici.


