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    Nouvelle mission pour cartographier les déchets flottants dans la Méditerranée

    Avec ses 290 milliards de microdéchets flottants et 30 % du trafic d'hydrocarbures en mer, la Méditerranée attire néanmoins quelque 300 millions de touristes par an, mais aussi de plus en plus de missions scientifiques.

    Dès le 28 juillet, la nouvelle campagne Expédition Méditerranée en danger (MED) entamera des relevés en mer pour cartographier les microplastiques flottants.

    Des chercheurs secondés par des écovolontaires (étudiants, ingénieurs, scientifiques) procèderont, sous la coordination de l'Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer, à des prélèvements en suivant un quadrillage précis dans la mer liguro-provençale, qui borde le sud-est de la France et le nord-ouest de l'Italie.

    « On aura alors le nombre de particules relevées dans chaque carré à un moment T et, avec les analyses satellites définissant les courants de surface, on pourra faire des études sur la manière dont se distribue tout ce plastique et l'évolution que cela peut donner dans le temps », explique Bruno Dumontet, chef de l'expédition.

    Une carte précise pourra alors aider les communautés locales à gérer les déchets.

    Si la pollution aux plastiques est particulièrement visible près des estuaires et des grandes agglomérations, « il y a aussi le jeu des courants qui les transportent, les désagrègent et, ensuite, ils remontent la chaîne alimentaire et, ironie de la chose, nous finissons par manger nos propres sacs plastiques », souligne M. Gorsky.

    Une situation inquiétante

    Sur la rive sud de la Méditerranée, la situation est « dramatique par endroits », ajoute Bruno Dumontet. En Algérie, dans le golfe de Bejaïa, « les pêcheurs en sont pratiquement à pêcher 50 % de déchets et 50 % de poissons », témoigne-t-il.

    MED a donc lancé un programme de formation dans les pays du Sud pour que les chercheurs locaux prennent en main leur propre cartographie des déchets.

    « Si la pollution continue au rythme actuel, la Méditerranée, dans 30 ou 40 ans, sera une mer quasiment morte avec un impact économique catastrophique sur toutes les populations du littoral, dont beaucoup vivent du tourisme et de la pêche », avertit le chercheur.

    La concentration de déchets retrouvés dans la Méditerranée serait deux fois supérieure au kilomètre carré à celle des océans Atlantique et Pacifique, selon les extrapolations scientifiques des deux premières missions MED, effectuées en 2010 et 2011.

    Radio-Canada.ca avec AFP