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    - Moscou : perquisitions chez des leaders de l'opposition

    À la veille d'une grande manifestation contre le président Vladimir Poutine à laquelle ils avaient appelé la population à participer, les principaux leaders de l'opposition russe ont fait l'objet d'une série de perquisitions lundi à Moscou.

    Les domiciles du blogueur anticorruption Alexeï Navalny, du dirigeant du mouvement Solidarité Ilia Iachine et du leader du Front de gauche Serguei Oudaltsov ont été la cible des enquêteurs russes.

    La police bloquait également l'accès à la résidence la présentatrice de la télévision Xénia Sobtchak, passée à l'opposition, laissant croire qu'une perquisition était en cours, a indiqué la radio Écho de Moscou. Le domicile de Boris Nemtsov, un ancien vice-premier ministre du président Boris Eltsine, était aussi visé.

    Les policiers comptaient procéder à une dizaine de perquisitions, a indiqué un porte-parole du Comité d'investigation, Vladimir Markin, cité par l'agence Interfax.

    Selon lui, l'opération s'est déroulée dans le cadre d'une enquête sur la manifestation du 6 mai dernier, qui avait rassemblé plus de 20 000 personnes et qui s'était soldée par « des désordres massifs ». La manifestation avait été violemment réprimée par les policiers, menant à l'arrestation de 436 personnes, dont Alexeï Navalny et Sergueï Oudaltsov.

    « C'est une tentative de torpiller la manifestation de demain [mardi] et de faire en sorte que moins de gens y participent », a dénoncé Ilia Ponomarev, du mouvement Pour les droits de l'homme.

    Selon l'agence Interfax, les chefs de file de l'opposition ont d'ailleurs été convoqués par les services d'enquête fédéraux mardi, jour ils ont prévu de manifester contre le président Poutine.

    Ces perquisitions surviennent moins d'une semaine après que la chambre haute du Parlement russe eut approuvé une loi contre les manifestations qui multiplie par 150 l'amende prévue pour toute participation à un rassemblement non autorisé.

    Le Kremlin a commencé à réprimer plus sévèrement les manifestations depuis le retour à la présidence de Vladimir Poutine en mai. Il a dirigé le pays de 2000 à 2008, avant de devenir le premier ministre de Dimitri Medvedev pendant quatre ans pour cause de limite constitutionnelle au nombre de mandats présidentiels consécutifs.

    L'opposition a mobilisé les foules les plus nombreuses depuis la fin de l'Union soviétique lors de manifestations contre la mainmise de Vladimir Poutine sur le pays et la victoire de son parti aux élections législatives de décembre, entachées d'irrégularités. La nouvelle loi apparaît donc comme un nouvel instrument de répression.

    Radio-Canada.ca avec AFP, Associated Press et Reuters