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    - Moscou et Washington s'accusent d'alimenter les violences en Syrie

    Les États-Unis et la Russie ont une fois de plus étalé leurs divergences mercredi sur la crise syrienne, en s'accusant mutuellement d'entrenir le conflit en acheminant des armes.

    Comme elle l'avait fait la veille, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a réitéré que la Russie devait arrêter ses livraisons d'armes au gouvernement syrien. Mme Clinton a averti que la « spirale » de la violence qui secoue la Syrie l'entraînait tout droit vers la « guerre civile ».

    « Nous savons » que les Russes fournissent des armes à leur allié, ne serait-ce que « parce qu'ils ont confirmé qu'ils continuaient à faire des livraisons », a affirmé la chef de la diplomatie américaine.

    En visite dans la capitale iranienne, Téhéran, Sergei Lavrov a démenti les accusations de son homologue américaine à l'endroit de son pays, un allié du pouvoir syrien.

    « Nous ne livrons ni en Syrie, ni ailleurs de choses qui soient utilisées dans la lutte contre des manifestants pacifiques, contrairement aux États-Unis eux-mêmes, qui livrent régulièrement dans des pays de la région de tels équipements spéciaux », a-t-il déclaré, sous-entendant qu'elles pouvaient être acheminées aux rebelles syriens.

    Hillary Clinton a à son tour fermement répliqué que les États-Unis ne soutenaient pas l'insurrection syrienne.

    De son côté, le gouvernement canadien a également demandé à la Russie de cesser son opposition à l'ONU pour sanctionner la Syrie. Le premier ministre Stephen Harper a montré du doigt Moscou pour son rôle dans les discussions sur l'imposition de sanctions contre le régime syrien, qu'il a qualifié de meurtrier.

    Membre permanent du Conseil de sécurité, la Russie s'est opposée jusqu'à maintenant à tout usage de la force et à toute sanction à l'égard de la Syrie, allié de longue date au Proche-Orient.

    La France veut rendre obligatoire le plan Annan

    Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a pour sa part demandé l'arrêt « total » des exportations d'armes à Damas et annoncé que son pays allait proposer au Conseil de sécurité de rendre « obligatoires » les dispositions du plan Annan en ayant « recours au chapitre 7 », qui ouvre la porte à des sanctions et à l'usage de la force.

    Occidentaux et Russes conviennent toutefois de la nécessité d'appliquer le plan de l'émissaire international Kofi Annan, qui prévoit un cessez-le-feu et un dialogue national, mais qui est resté lettre morte.

    Depuis le début de la révolte que le régime s'est dit déterminé à écraser « à n'importe quel prix », plus de 14 100 personnes ont péri, en majorité des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé à Londres.

    Radio-Canada.ca avec AFP