La commission d'enquête sur la mort de la petite Phoenix Sinclair, une fillette qui a passé la majeure partie de sa vie en famille d'accueil, a entamé mercredi à Winnipeg ses quatre journées d'audience au sujet de ce qui devrait ou non être rendu public.
Le commissaire Ted Hugues doit entendre entre autres les arguments de cinq groupes médiatiques ainsi que ceux du père biologique et de la mère adoptive de la petite Phoenix. Ceux-ci s'opposent à ce que les noms des agents de la protection de l'enfance qui s'occupaient du dossier de la fillette fassent l'objet d'un interdit de publication.
Par ailleurs, un avocat des agents de la protection de l'enfance qui s'occupaient de la petite Phoenix Sinclair, Chris Saxberg, a demandé mercredi à la commission d'enquête de soumettre le nom de ses clients à un interdit de publication.
L'avocat veut également garder anonyme le nom de certains membres du personnel administratif qui ont travaillé sur cette affaire.
La requête de Chris Saxberg est la même que celle du Syndicat des employés généraux et des fonctionnaires du Manitoba (MGEU). Les deux parties affirment que la divulgation des noms nuira à la capacité des agents d'aider à l'avenir d'autres enfants et leurs familles.
L'avocat souligne aussi que la confidentialité s'impose régulièrement afin de protéger un enfant lorsque l'État intervient dans les droits d'un parent. La mesure doit donc être la même dans le cas de Phoenix Sinclair, selon lui.
Le Syndicat des employés généraux et des fonctionnaires du Manitoba (MGEU) avait déjà réclamé l'annulation de cette enquête publique.
MGEU, qui contestait la validité juridique et la juridiction de la commission d'enquête, a été débouté par la Cour d'appel du Manitoba.
En mars, le commissaire Hugues a décidé de commencer son enquête avec les témoignages, plutôt qu'avec les rapports internes du gouvernement, produits après la mort de la fillette de cinq ans.
D'autre part, les chefs autochtones ont réclamé en juin la démission de la protectrice des enfants du Manitoba pour avoir remis en cause publiquement la commission, dans une entrevue accordée au Winnipeg Free Press.
La petite, originaire de la Première Nation de Fisher River, a été tuée en 2005 par sa mère, Samantha Kematch, et son beau-père, Karl McKay, alors qu'elle était sous la tutelle de la province. Son corps avait été retrouvé en mars 2006, neuf mois après sa mort.
Le couple a été condamné en 2008 à la prison à vie pour meurtre avec préméditation. Un an plus tard, il faisait appel du jugement, avant d'être déboutés par la Cour d'appel du Manitoba en mars 2010.
Ordonnée par la province en 2006, la commission d'enquête Sinclair ne commencera à entendre de témoignages que le 5 septembre prochain. Elle a pour objet d'examiner comment le personnel des services à l'enfance et à la famille du Manitoba et les autorités ont échoué à protéger la fillette qui était sous la tutelle de la province.
La commission doit aussi déterminer pourquoi la mort de l'enfant est passée inaperçue pendant des mois.


