En ce jour de Losar, le Nouvel An tibétain, le coeur n'est pas à la fête dans la communauté tibétaine de Montréal.
Depuis un an, une vingtaine de Tibétains, en majorité des moines et des nonnes bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire pour dénoncer la politique de Pékin au Tibet.
Ce bilan, rapporté par des organisations de défense des droits de la personne, est contesté par Pékin.
Pour honorer leur mémoire, le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala, en Inde, a demandé aux Tibétains à travers le monde de s'abstenir cette année de célébrer le Losar.
Selon Jampa Barshee, de l'Association culturelle tibétaine du Québec, les communautés tibétaines à Montréal et ailleurs se sentent impuissantes, mais le devoir de solidarité s'impose : « on se sent responsable de tous ces gens qui vivent la répression. »
L'immolation, explique-t-il, est un geste qui s'inscrit dans la tradition de non-violence du mouvement de revendication pour les droits des Tibétains.
En novembre dernier, lors d'une allocution à Tokyo, le dalaï-lama, chef spirituel en exil des Tibétains, affirmait que la vague d'immolations était le résultat de la politique intransigeante menée par Pékin contre les Tibétains depuis 15 ans.
Car si la Chine, au Tibet depuis 1951, soutient avoir amélioré depuis le sort des Tibétains et investi dans le développement de la région, pour le gouvernement tibétain en exil, il s'agit d'une entreprise de colonisation qui doit céder la place, un jour, à une autonomie partielle.
Un reportage de Bernard Leduc







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