Quelque 14 millions de Syriens doivent se rendre aux urnes, dimanche, pour voter sur une nouvelle Constitution qui maintient de larges prérogatives au chef de l'État tout en supprimant la prééminence au parti Baas, au pouvoir depuis un demi-siècle.
Ce texte qui prône le multipartisme s'inscrit dans le cadre des réformes promises par le régime pour tenter de calmer la contestation.
Le président Bachar Al-Assad, de plus en plus critiqué à l'intérieur de son pays et par la communauté internationale, s'est même engagé à organiser des élections législatives si la constitution est adoptée.
L'opposition n'y voit pourtant aucun signe de changement et appelle les Syriens à boycotter le vote.
« Personne ne va aller voter. C'est une constitution rédigée pour plaire à Bachar [Al-Assad] et pendant ce temps on nous bombarde et on nous tue », a dénoncé un militant de l'opposition joint par Skype par l'agence Reuters.
L'article 88 de la nouvelle Constitution prévoit que le président ne peut être élu pour plus de deux septennats, alors que l'article 155 précise que ces dispositions ne s'appliqueront qu'à partir de la prochaine présidentielle, prévue en 2014. Ces clauses permettraient donc à M. Assad de rester au pouvoir encore 16 ans.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) affirme que 13 personnes, dont neuf civils, ont été tuées dimanche à Homs, ville rebelle dans le centre du pays. La répression a fait au moins 7600 morts selon des militants, les violences se poursuivant après plus de 11 mois de révolte. Les violences ont encore fait près de 100 morts, samedi.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) n'a pu obtenir l'accès au quartier de Baba Amr, dans la ville de Homs, pilonnée sans relâche depuis près d'un mois par les forces syriennes.
Après avoir réussi à évacuer 27 personnes, vendredi, les négociations engagées pour faire évacuer des blessés, dont des journalistes occidentaux, n'ont pas donné de résultat concret, samedi, selon un porte-parole de la Croix-Rouge à Genève.
Le ministre de l'Intérieur français, Claude Guéant, a par ailleurs déclaré que la France « met tout en oeuvre » pour parvenir à rapatrier la journaliste française Edith Bouvier, blessée mercredi à Homs.
Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters







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