Alors que les pays Amis du peuple syrien, réunis vendredi à Paris, ont prôné une action plus forte du Conseil de sécurité des Nations unies pour mettre fin aux violences qui ensanglantent le pays depuis plus de 16 mois, un proche du régime du président Bachar Al-Assad a fait défection et quitté le pays jeudi.
Haut gradé de l'armée syrienne, proche de la famille Assad et ami d'enfance du chef de l'État, le général syrien Manaf Tlass « a fait défection il y a trois jours et il semble qu'il ait quitté la Syrie », a indiqué à l'AFP une source proche du pouvoir à Damas.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et des sites Internet d'opposition syrienne ont également affirmé qu'il avait déserté et fui vers la Turquie.
La nouvelle a été confirmée vendredi par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui a précisé que le haut-gradé était en route vers la France, où se trouvent sa femme et sa soeur, Nahed Ojjeh, veuve du marchand d'armes et milliardaire saoudien Akram Ojjeh.
Membre des Gardes républicains, une unité d'élite chargée de la protection du régime, Manaf Tlass est l'officier supérieur le plus prestigieux à faire défection. Fils du général Moustapha Tlass, ancien ministre de la Défense et ami de longue date de Hafez al-Assad, le père de l'actuel président syrien, il avait fait partie de la « nomenklatura » syrienne.
Son cousin Abdel Razzak Tlass est le chef à Homs de la brigade Farouk, une unité de l'Armée libre syrienne (ALS), composée majoritairement de déserteurs de l'armée régulière. Selon des proches de Manaf Tlass, toute sa famille se trouve déjà à l'étranger.
Il avait tenté de réconcilier le régime et les rebelles à Rastane, d'où il est originaire, ainsi qu'à Deraa, mais en vain. Depuis plusieurs mois, le général avait laissé tomber son uniforme au profit d'habits civils et se trouvait dans la capitale.
Au printemps dernier, lors de l'attaque contre Baba Amr dans la ville de Homs, il aurait refusé de prendre la tête des forces gouvernementales chargées de reprendre le quartier aux mains des rebelles. C'est à ce moment que Bachar Al-Assad l'aurait mis à l'écart.
Radio-Canada.ca avec AFP, Associated Press et Reuters


