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    Syrie : 180 nouveaux morts dans les violences

    Tandis que des menaces pèsent sur la tenue de la réunion du Groupe d'action sur la Syrie prévue samedi à Genève, le pays a connu jeudi l'un des bilans les plus lourds depuis le début du soulèvement contre le régime de Damas, à la mi-mars 2011.

    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins 180 personnes, en majorité des civils, ont péri dans les affrontements dans la seule journée de jeudi, notamment dans la ville rebelle Douma, près de la capitale.

    Depuis une dizaine de jours, les bilans quotidiens dépassent régulièrement la centaine de morts, toujours selon l'OSDH, une organisation basée à Londres. Mercredi, les violences avaient fait près de 150 morts, et le bilan avait déjà atteint près de 170 morts le 21 juin.

    Il est cependant difficile de confirmer ces informations de source indépendante en raison des restrictions imposées par le régime syrien aux médias indépendants.

    Objections russes à la proposition de Kofi Annan

    Ces violences surviennent à deux jours de la réunion ministérielle sur la Syrie prévue à Genève, à laquelle doivent participer les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU, en plus du Koweït, du Qatar et de l'Arabie saoudite.

    Les ministres des Affaires étrangères participant à la conférence doivent discuter de la proposition de l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan de mettre sur pied un gouvernement de transition en Syrie afin de trouver une solution politique au conflit.

    La Russie et les autres membres permanents du Conseil de sécurité ont déclaré cette semaine qu'ils soutenaient un gouvernement d'union nationale qui réunirait des partisans du président Bachar Al-Assad ainsi que des membres de l'opposition syrienne, mais qui « exclurait ceux dont la présence et la participation saperaient la crédibilité de la transition et mettraient en péril la stabilité et la réconciliation », selon la proposition de Kofi Annan.

    Après avoir appuyé l'idée, Moscou a changé son fusil d'épaule jeudi soir en refusant de soutenir un départ éventuel du président Bachar Al-Assad qui serait imposé de l'étranger. Les Russes demandent maintenant à Kofi Annan de retirer de sa proposition la formule sur l'exclusion de certaines personnalités d'un gouvernement d'union nationale.

    Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont rejeté les amendements suggérés par Moscou, les qualifiant d'inacceptables. Plusieurs ministres des Affaires étrangères ont ensuite menacé de ne pas se rendre à Genève si la réunion risquait de ne pas aboutir à l'adoption du plan initialement proposé, selon un diplomate ayant requis l'anonymat.

    Pour tenter de sauver la réunion ministérielle de samedi, Kofi Annan a convoqué pour vendredi une réunion préparatoire de hauts fonctionnaires des cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU. Des entretiens sont également prévus à Saint-Pétersbourg entre les chefs de la diplomatie américaine et russe, Hillary Clinton et Sergueï Lavrov.

    Radio-Canada.ca avec AFP, Associated Press et Reuters