L'ONG Human Rights Watch (HRW) affirme que les forces syriennes recourent au viol et à d'autres types d'agressions sexuelles contre les femmes, les hommes et les enfants.
« La violence sexuelle en détention fait partie des terribles armes utilisées dans l'arsenal de torture du gouvernement syrien. Les forces de sécurité y ont régulièrement recours pour humilier les détenus en toute impunité », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient.
L'organisation dit avoir relevé une vingtaine de cas après avoir mené des entrevues en Syrie et à l'étranger.
La plupart des cas ont été recensés dans la province de Homs, un des fiefs de la rébellion.
Selon l'ONG, les agressions se pratiquent dans les lieux de détention et lors d'interventions dans des zones résidentielles.
Human Rights Watch a indiqué qu'il ne peut pas s'agir d'actes isolés, car selon elle, les officiers ne pouvaient ignorer ces pratiques, en particulier lorsqu'il s'agissait de décharges électriques sur les parties génitales.
« Même lorsqu'elles demandent de l'aide, les personnes qui ont survécu à ces agressions ont très peu accès à des médecins ou à des psychologues », ajoute HRW.
L'opposition tente d'unifier ses rangsPar ailleurs, les différentes factions de l'opposition syrienne se réunissent à Istanbul, en Turquie, pour tenter d'unifier leur vision.
Le Conseil national syrien (CNS), une coalition de l'opposition syrienne, souvent critiquée pour son incapacité à rassembler les opposants et dont quelques membres importants ont claqué la porte, tente d'unir les rangs de l'opposition.
Bourhan Ghalioun, qui a dirigé cette coalition depuis sa création en août 2011, a été souvent critiqué et il a dû démissionner le mois dernier.
Outre le CNS, doivent notamment participer à la rencontre le Conseil national kurde, qui avait rejeté les appels au ralliement, le groupe constitué autour de l'intellectuel Michel Kilo et celui du chef de tribu Nawaf Al-Bachir, selon des sources syriennes concordantes.
Mais le Comité de coordination national pour le changement national et démocratique (CCNCD), qui rassemble des partis nationalistes arabes, kurdes et socialistes, a argué de problèmes techniques l'empêchant d'envoyer des émissaires à Istanbul, selon une source à la conférence.
Des représentants de plusieurs pays arabes et occidentaux doivent également assister au début des travaux.
L'objectif de cette réunion est non seulement d'aplanir les divergences, mais aussi de préparer un sommet de l'opposition syrienne au Caire sous l'égide de la Ligue arabe.
L'ONU pessimisteLe chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, a affirmé vendredi que le travail de sa mission était « limité par les violences » qui ravagent le pays depuis quinze mois.
« La violence s'est accrue ces dix derniers jours [...] augmentant les risques pour nos observateurs. L'escalade de la violence limite notre capacité à observer et à vérifier [la situation sur le terrain], ainsi que notre aide pour engager [les parties] au dialogue », a déclaré le général Mood à des journalistes, six semaines après le début de la mission le 29 avril.
« Les violences se sont intensifiées ces dix derniers jours, une fois de plus du fait des deux parties, avec des pertes dans les deux camps et un risque important pour nos observateurs », a souligné l'officier norvégien.
« Il semble qu'il y ait un manque de volonté pour parvenir à une transition pacifique et qu'au contraire il y a une poussée vers des solutions militaires », a-t-il regretté.
Selon le général Mood, le Conseil de sécurité de l'ONU va revoir le mandat de la mission « dans les jours et semaines qui viennent ».
Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters


