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    Monde arabe - La Syrie livre une bataille « cruciale » pour son destin, selon Al-Assad

    Alors que les combats se poursuivent à Alep, le président Bachar Al-Assad a déclaré mercredi que l'armée syrienne livrait une bataille « cruciale » pour le destin du pays et que des ennemis étrangers utilisaient des « agents intérieurs » pour déstabiliser la Syrie.

    « L'armée livre une bataille héroïque [...] dont dépend le destin de notre peuple et de notre nation, car l'ennemi se trouve aujourd'hui parmi nous, utilisant les agents de l'intérieur comme un moyen pour déstabiliser la patrie, la sécurité du citoyen et continuer à épuiser nos ressources économiques et scientifiques », a affirmé le président syrien dans un discours publié par l'agence officielle Sana.

    À l'occasion du 67e anniversaire de l'armée, Bachar Al-Assad a par ailleurs félicité les militaires pour leur lutte contre ce qu'il a qualifié de « bandes terroristes criminelles », ne reconnaissant toujours pas l'ampleur de la révolution populaire qui secoue le pays depuis la mi-mars 2011.

    « Vous, les hommes de la patrie, vous avez participé aux épopées les plus merveilleuses [...] et montré, en faisant face à la guerre livrée contre notre pays, aux bandes terroristes, que vous avez une volonté de fer et une conscience vive », a-t-il lancé en s'adressant aux soldats de l'armée régulière.

    Pendant ce temps, la bataille se concentre toujours sur la ville d'Alep, vers laquelle le régime et les rebelles ont envoyé de nouveaux renforts « pour une bataille décisive qui devrait durer des semaines », selon une source de sécurité syrienne.

    Deuxième ville en importance dans le pays, Alep est considérée comme la capitale économique de la Syrie. D'intenses combats s'y déroulent depuis une douzaine de jours entre les rebelles et les troupes gouvernementales qui tentent de reprendre la ville.

    Dans la seule journée de mardi, 124 personnes - incluant 35 civils, 62 soldats et 27 rebelles - ont été tuées dans les violences partout au pays, dont la moitié à Alep, selon l'OSDH, organisation basée à Londres.

    Combats près des quartiers chrétiens de Damas

    Pour la première fois depuis le début de la révolte contre le régime, des affrontements ont éclaté mercredi entre l'armée syrienne et les rebelles près de quartiers chrétiens du centre de la capitale, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

    « Ce sont des combats inédits. Ce sont des zones auxquelles les combattants [rebelles] n'avaient pas accès jusqu'à présent. Les premières informations font état d'un mort parmi les soldats », a indiqué le président de l'OSDH, Rami Abdel-Rahmane, précisant que les affrontements se sont déroulés à l'aube aux abords des quartiers traditionnels chrétiens de Bab Touma et Bab Charqi.

    Ces derniers sont situés dans le Vieux Damas, où se trouvent de nombreux hôtels. C'est à cet endroit que l'on retrouve la rue Bagdad, une grande artère menant au centre-ville autrefois très prisé les touristes. C'est également dans ces quartiers que se sont déroulées à plusieurs reprises des manifestations de soutien au président Bachar Al-Assad.

    Le grand quartier de Tadamoun, dans le sud de la capitale, a également été visé par des tirs au mortier, selon les Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent la contestation sur le terrain.

    Le chef de l'ASL critique le nouveau groupe d'opposition

    D'autre part, le commandant de l'Armée syrienne libre (ASL), Riad Al-Asaad, a critiqué mercredi la création d'un nouveau groupe d'opposition, le Conseil pour la révolution syrienne (CRS).

    Dénonçant leur opportunisme, Riad Al-Asaad estime que les fondateurs de cette nouvelle coalition « ont été animés par la fièvre d'acquérir des postes qui les a conduits à annoncer la formation d'un gouvernement de transition [...,] à piétiner notre révolution et à faire des affaires avec le sang de nos martyrs ».

    « Mais en réalité, ils tentent de faire renaître le régime d'Assad en prenant une décision sans en parler au peuple, qui a versé du sang et des larmes pour tenter de prendre son indépendance vis-à-vis du gang criminel [du président syrien Bachar Al-Assad] », a-t-il poursuivi sur les ondes de la chaîne de télévision Al-Arabiya.

    Composé de 15 opposants de toutes les tendances politiques, le siège de ce gouvernement sera provisoirement au Caire, la capitale égyptienne, en attendant d'être transféré en territoire syrien. Ce gouvernement aura des bureaux au Liban, en Turquie, en Irak et en Jordanie.

    Radio-Canada.ca avec AFP, Associated Press et Reuters